VIDEO. Guerre du Vietnam : Tran To Nga, victime de l'agent orange se bat contre les géants de la pétrochimie

Tran To Nga se bat contre les géants de la pétrochimie qui ont produit l'agent orange, l'herbicide utilisé par l'armée américaine pendant la guerre du Vietnam. "La grande partie des enfants nés sont handicapés (…) Souvent ce sont des handicapés mentaux, des handicapés sans bras, ni jambes, sans cervelle, tout ça… Et ça va continuer, ça ne va pas s'arrêter. Alors ça, je trouve que c'est un crime contre l'humanité", déplore Tran To Nga. Déversé sur 10 % de la superficie du sud du Vietnam Tran To Nga naît en 1942 dans le delta du Mékong. Malgré la guerre, elle obtient son diplôme universitaire de chimie à Hanoï et s'engage dès le soir même dans la résistance. Elle marche alors pendant 4 mois pour rejoindre le maquis dans le sud où elle joue un rôle en tant qu'enseignante, avant de devenir reporter. Les États-Unis ont commencé à épandre l'agent orange dès 1961 afin de détruire les cultures des combattants vietnamiens et les forêts dans lesquelles ils se cachent. "Dès qu'il y a un épandage, tout de suite, après quelques heures seulement, les feuilles commençaient à tomber, et après il y avait un désert", raconte Tran To Nga. Cet herbicide a été déversé sur 10 % de la superficie du sud du Vietnam et aurait affecté directement entre 2,1 et 4,8 millions de personnes. Sa fille, décédée à 17 mois En 1966, Tran To Nga se retrouve pour la première fois directement exposée à un épandage. "Plus d'un an après, j'ai mis au monde ma première enfant. Elle était née... À la naissance elle était très jolie, comme une poupée, mais après 3 jours, elle est devenue très malade, je ne sais pas pourquoi. La chair tombait... non, la peau tombait en lambeau et puis elle commençait à mal respirer. Ma fille était condamnée d'avance, condamnée à mort", confie Tran To Nga. Sa fille est décédée à tout juste 17 mois. Plusieurs pathologies liées à l'agent orange La guerre du Vietnam a pris fin en 1975, mais plus de 45 ans plus tard les conséquences de l'agent orange sont encore nombreuses pour les populations qui y ont été exposées. En s'infiltrant dans les sols, les rivières, il a impacté toute la chaîne alimentaire, provoquant de lourdes malformations, des cancers, des maladies neurodégénératives... En 2011, des analyses ont prouvé que Tran To Nga et ses deux autres filles avaient plusieurs pathologies directement liées à l'exposition à l'agent orange. Aujourd'hui devenue citoyenne française, Tran To Nga a décidé de poursuivre les firmes responsables de cet empoisonnement.