VIDEO. Finance verte, les banques tiennent-elles leurs promesses ?

A la suite de la COP21, la BNP a pris une série d’engagements pour l’environnement, notamment celui de ne plus fournir "des services ou produits financiers (...) à des sociétés (...) pour lesquelles le pétrole et le gaz non conventionnels représentent une part importante de leurs réserves totales". Les gaz de schiste, promis juré, c’est terminé. Trois ans après, nous avons analysé les placements de la banque publiés sur des terminaux financiers. Il s'avère que la BNP est encore très présente dans les hydrocarbures non-conventionnels. Selon nos calculs, entre le 31 décembre 2018 et le 31 juillet 2020, au moins 70 millions d’euros de placements ont été effectués dans des entreprises qui ne respectent pas les critères édictés par la banque. Parmi ces investissements, 6,43 millions d'euros en actions et obligations PDC Energy. L'entreprise pétrolière nous a confirmé détenir 100% de ses réserves en hydrocarbures non-conventionnels Pour Alexandre Andlauer, analyste financier spécialisé dans les hydrocarbures aux Etats-Unis, "le dilemme pour la banque, c’est d’aller trouver un autre secteur qui est aussi profitable pour remplacer le schiste. On parle du renouvelable, mais on est encore très loin de ce que fait le secteur pétrolier aujourd’hui." L'association "Les amis de la Terre" a passé en revue les investissements des banques françaises dans un rapport exhaustif sur ces questions. Lorette Philippot, chargée de campagne finance privée, dénonce le décalage entre les paroles et le portefeuille : "Malgré nos alertes, BNP Paribas continue de soutenir des entreprises qu’elle devait avoir abandonné il y a déjà trois ans. On se pose la question de leur intégrité." Contacté, BNP Paribas maintient ses objectifs de désengagement du pétrole de schiste, même s’il reste encore du chemin à faire : "Aujourd’hui, ces 70 millions à l’échelle de BNP Paribas, c’est tout petit. C’est le poids de l’histoire, ça met plus de temps parce qu’on est dépendant de la décision de nos clients, mais ça s’inscrit dans une démarche d’évolution qui va dans le bon sens." Depuis la mise en œuvre de cette politique, BNP dit avoir abandonné une soixantaine d’entreprises clientes, ce qui représenterait la perte de 100 millions d’euros de revenus annuels.