VIDEO. Déforestation : 27 000 hectares de l'Amazonie française ont déjà été détruits par l'exploitation minière

Des centaines d'arbres couchés à terre, sur une superficie d'un kilomètre carré. Un spectacle qui met en colère Thomas Saunier, guide touristique en Guyane. "Tout ça, ce sont des arbres adultes, déplore-t-il, des arbres qui avaient plusieurs siècles. On a coupé des mastodontes de la forêt." "Ça fait un peu exposition macabre de la forêt", lâche ce militant, convaincu que la présence humaine en Amazonie a un impact environnemental néfaste : "Dès qu'on y entre, peu importe pour quoi faire, une mine, une habitation... on est obligé de déboiser de la forêt primaire. Moins l'homme y va, mieux elle se porte." "Mettre la forêt primaire par terre pour générer du chiffre d'affaires, ça ne doit pas être ça, le modèle" C'est une exploitation minière qui a causé ces ravages sur ce site à une demi-heure de vol de Cayenne. Pour libérer l'or des sols, des milliers d'hectares de l'Amazonie française (27 000 ha à ce jour, sur une superficie de 8 millions) sont mis à nu. La déforestation est autorisée par l'Etat, propriétaire de la forêt guyanaise. Les exploitants, eux, sont censés reboiser en quittant la mine, à hauteur de 25% à 30% de la superficie de forêt qu'ils ont détruite. Mais cette obligation n'est pas toujours respectée. L'activité minière n'a pas seulement détruit la forêt primaire. En fermant le site il y a presque un an, les exploitants ont laissé derrière eux des gaines en plastique, des morceaux de bâche… Inacceptable, pour le défenseur de la forêt. "Ça ne doit pas être ça, le modèle ! Le modèle, c'est pas mettre par terre un kilomètre de forêt pour générer 1,8 million de chiffre d'affaires – ce sont les chiffres de l'artisan minier. Est-ce que ça, questionne-t-il en se tournant vers les arbres restés debout, ça vaut 1,8 million ?" Extrait de "Forêts en danger : que fait l'Etat ?", un document à voir dans "Pièces à conviction" le 28 octobre 2020. > Les replays des magazines d'info de France Télévisions sont disponibles sur le site de Franceinfo et son application mobile (iOS & Android), rubrique "Magazines".