VIDEO. "La décroissance, un point de départ pour un million de sociétés possibles", estime Félicien Bogaerts

Pour Félicien Bogaerts, la crise que nous traversons est une remise en question totale de notre modèle économique et de notre société industrielle moderne. Pendant plusieurs semaines, le monde entier a été mis à l'arrêt. De la Chine, en passant par l'inde ou encore l’Italie, les scientifiques ont constaté une conséquence de ce ralentissement de l'économie : une diminution historique des émissions de gaz à effet de serre. "On parle notamment pour le mois de février de -25 % d'émissions en Chine", détaille Félicien Bogaerts. Une fausse bonne nouvelle Si aux premiers abords cela pourrait ressembler à une bonne nouvelle, pour Félicien Bogaerts, c'est plutôt le contraire. "Ce n'est absolument pas une bonne nouvelle parce que ces effets directs ne sont pas structurels, ils ne sont pas systémiques. En un mot, ils sont temporaires", souligne-t-il. Selon lui, la maladie qui fait suffoquer notre planète, "c'est l'économie capitaliste et donc, la croissance, la surproduction, la mondialisation". Problème : ce système n'est pas conçu pour pouvoir ralentir. Aussi, face à la crise économique qui s'annonce, le risque est de voir apparaître une course à la relance économique et donc à la croissance. "La pire nouvelle possible pour la planète, pour le climat, mais aussi des politiques d'austérité sur les services publiques", prévient Félicien Bogaerts. Favoriser la décroissance ? Aujourd'hui, Félicien Bogaerts espère qu'une prise de conscience profonde et collective permettra d'inverser la tendance. Il explique : "La décroissance, c'est quelque chose qu'on choisit, que l'on organise au fil du temps. C'est un projet politique qui doit venir d'une volonté populaire." En effet, il prône une société qui produirait le nécessaire et non le maximum. Avoir un contrôle sur la production, diminuer les flux, les transports d'humains et de marchandise, relocaliser l'activité sont autant de mesures à appliquer lesquelles nécessitent plus de résilience. "Ça veut dire se rencontrer, ça veut dire se parler, s'organiser, en fait faire de la politique au sens premier du terme et lutter ensemble pour le monde qu'on mérite", conclut Félicien Bogaerts.