VIDEO. Covid-19 : pourquoi le vaccin a-t-il pu sortir rapidement ?

1Les progrès technologiques "C'est du jamais vu : tout le monde a arrêté ses travaux de recherche pour travailler sur le Covid", fait valoir Nathan Peiffer-Smadja, médecin infectiologue à l'hôpital Bichat. Si avant, la mise en place d'un vaccin pouvait prendre jusqu'à 20 ans, les choses vont de plus en plus vite aujourd'hui. "La connaissance scientifique et médicale avance", estime le médecin. Aussi, les outils technologiques actuels permettent d'aller plus vite. 2Des moyens inédits "À chaque fois qu'une équipe de recherche avance sur le code génétique de ce virus, sur sa composition, sur la formation de la protéine, sa conformation dans l'espace, tout ça, ça bénéficie aux autres équipes", explique Nathan Peiffer-Smadja. Il fait part notamment de la "course commune" sur la connaissance scientifique qui permet un rééquilibrage permanent des avancées. Cette "course au vaccin" a d'ailleurs permis une collaboration internationale historique. Par exemple, s'agissant du code génétique du virus, ce dernier a été partagé au monde extrêmement rapidement. "Dès début 2020, on avait le code génétique complet de ce virus, on a très vite eu plein, plein de génomes à étudier de ce virus. Donc, ça, ça a beaucoup servi pour cette collaboration", développe le médecin. Ainsi cette union derrière un objectif commun a permis d'aller plus vite. 3Le nombre de volontaires L'élaboration d'un vaccin comporte plusieurs phases et nécessite un grand nombre de volontaires. "En France, il y a eu des dizaines de milliers de gens qui se sont inscrits sur CovidReivac pour les essais vaccinaux, ça a été pareil dans tous les pays", indique Nathan Peiffer-Smadja. En effet, pour ce vaccin, les laboratoires ont rapidement recruté les 30 000 à 40 000 volontaires nécessaires à la phase 3. Par ailleurs, les scientifiques ont aussi bénéficié de l'ampleur de la pandémie : plus le nombre de personnes infectées est grand, plus les données statistiques sont valables. 4La nature du virus Enfin, il est nécessaire de rappeler que les coronavirus sont des virus à ARN déjà bien connus : ils sont responsables d'infections banales chez l'enfant, "donc des coronavirus qu'on appelle HCoV qui donnent des petits rhumes, qu'on étudie assez peu parce qu'ils ne sont pas responsables de gravités", détaille Nathan Peiffer-Smadja. S'ajoute à cela, l'intérêt des infectiologues pour cette famille de virus, notamment à la suite des deux crises que sont la crise du SARS à Hong Kong et la crise du MERS dans le Moyen-Orient.