VIDEO. Convention citoyenne : des participants entre "vigilance" et "amertume" face au devenir de leurs propositions

La Convention citoyenne sur le climat (CCC) a-t-elle du plomb dans l'aile ? L'association Les 150, qui réunit les 150 personnes qui y ont participé, a relayé, mardi 3 novembre, une pétition du réalisateur engagé en faveur du climat Cyril Dion, demandant à Emmanuel Macron de tenir ses promesses. Parmi les 150, certains citoyens font part de leur déception, de leur méfiance ou de leur amertume quant au devenir de leurs propositions. Ils expriment leur préoccupation après que Barbara Pompili, la ministre de la Transition écologique, a présenté, fin octobre, aux membres de la CCC et à des élus "l'architecture" de la future loi qui doit reprendre une partie des propositions de la Convention. Pour illustrer la vigilance qui l'anime, Sylvain Burquier, du groupe de travail "Produire et travailler", pointe notamment le changement concernant le malus sur les voitures lourdes, notamment les SUV. En résumé, la CCC souhaitait "renforcer très fortement le malus sur les véhicules polluants et introduire le poids comme un des critères à prendre en compte". Elle réclamait une taxation de 10 euros par kilo au-delà de 1 400 kg. Le gouvernement a finalement décidé d'élever le seuil, pour que ne soient concernés que les véhicules de plus 1 800 kg. Isabelle Autissier, présidente du WWF France, critique ce changement : "1 800 kg, ça reste une niche de voitures. La moyenne des voitures neuves vendues en France pèse 1 240 kg". "Il y a plein de sujets qui ont été pris, qui ont été tordus, qui ont été revus, commente Sylvain Burquier. Sur le poids des SUV, la modification de la mesure la rend nettement moins efficace", regrette-t-il. Toutefois, il "préfère voir le verre à moitié plein" et rester confiant : "On n'en est pas à l'étape où on est déçus.""On n'a rien lâché. On travaille en bonne intelligence avec le ministère [de la Transition écologique]." Sylvain Burquier, qui participe à la Convention citoyenne sur le climat à franceinfoSylvain Burquier concède que parmi les participants à la Convention citoyenne, "beaucoup de gens commencent à se crisper". C'est le cas de Guy Kulitza, qui fait partie du groupe de travail "Se nourrir". "Ce qui me rend le plus amer aujourd'hui, c'est que le président nous avait assuré qu'il présenterait les 146 propositions restantes sans filtre. Et, en fait, cette promesse-là n'est pas tenue par ses propres ministres", tranche-t-il auprès de franceinfo. Cet ancien technicien en informatique aujourd'hui retraité anticipe l'arrivée, en janvier 2021, d'une loi Convention citoyenne extrêmement décevante. D'après lui, cette loi va "tomber complètement à côté de l'objectif que nous nous étions fixés, à savoir la réduction de 40% des gaz à effets de serre" d'ici à 2030 par rapport à 1990."Cela ne sera pas du tout une loi Convention citoyenne, cela sera une loi cosmétique pour verdir un petit peu une politique de relance." Guy Kulitza, qui participe à la Convention citoyenne à franceinfoSans être aussi sévère, Jean-Pierre Cabrol, du groupe de travail "Se loger", regrette auprès de franceinfo un manque de vision sur ce qui va être fait ou non. Et il n'a pas été convaincu par la présentation réalisée par Barbara Pompili : "On ne se retrouve pas dans ces mesures, et on ne retrouve pas l'état d'esprit dans lequel on était pour atteindre l'objectif qui nous a été donné." Emmanuel Macron avait accepté, en juin, 146 propositions de la CCC. Mais huit de ces propositions ont été écartées par le gouvernement trois mois plus tard.