VIDEO. Le confinement a-t-il pu avoir des effets sur le cerveau ?

Le manque de contact social Pendant le confinement, une partie du cerveau a pu être fortement stimulée : l'aire tegmentale ventrale. Il s'agit de la même zone activée lorsque nous sommes privés de nourriture. "Autrement dit, le confinement, la privation de contact social est une forme de jeûne et ce n'est pas un jeûne de nourriture, c'est un jeûne social", explique Sébastien Bohler. Cela souligne, selon lui, que les rapports sociaux sont essentiels à notre survie. Le manque de contact physique Pour Sébastien Bohler, le toucher est crucial. "On sait que la souffrance liée à la solitude est très bien compensée par un contact physique : quelqu'un qui vous sert l'avant-bras, la main, qui passe une main sur votre épaule, qui vous sert dans ses bras", développe-t-il. En effet, plusieurs expériences ont montré que le contact physique faisait reculer le sentiment d'angoisse voire la douleur physique. Les désirs bridés "On ne peut pas satisfaire les désirs de base de notre cerveau, notamment au niveau de la socialisation. Mais aussi on ne peut pas aller acheter tout ce qu'on veut dans le commerce comme on est habitué à le faire", rappelle le neuroscientifique. Le fait de brider ces désirs-là vient solliciter une partie plus évoluée de notre cerveau où siège la volonté et le contrôle de soi, appelée le cortex préfrontal. Lorsque cette zone est sursollicitée, il y a un risque de craquage et de donner libre cours à ces désirs bridés. "À ce moment-là, par exemple, on se jette en faisant des orgies de séries télévisées ou en mangeant beaucoup trop de nourriture grasse et salée", détaille Sébastien Bohler. L'incertitude "L'incertitude est quelque chose de très difficilement gérable par le système nerveux humain", rappelle le neuroscientifique. En effet, l'être humain est câblé pour essayer de maîtriser son environnement. Cette perte du contrôle peut alors donner la désagréable sensation d'être "désarmé". "L'incertitude libère des hormones du stress, elle crée une angoisse et crée parfois une angoisse existentielle", précise Sébastien Bohler. Pour rendre cette incertitude plus tolérable, le neuroscientifique conseille de bien "distinguer l'incertitude qui dépend de nous et celles qui ne dépend pas de nous".