VIDEO. Des chasseurs nourissent les sangliers malgré l'interdiction du gouvernement

L’agrainage est une pratique courante pour certains chasseurs. Il s’agit de nourrir le gibier en pleine forêt. L’objectif : leur donner à manger pour les empêcher d’aller dévorer les cultures environnantes. Un agrainage interdit par le ministère de la Transition écologique pendant le confinement, comme le stipule cette circulaire du 31 octobre dernier : "La pratique d’agrainage du gibier est également interdite pendant cette période". Pour le gouvernement, en plein hiver, les cultures ne sont pas menacées. Il est donc inutile de nourrir les nuisibles. Un avis partagé par Gérard Bédarida, président de l'Association nationale des chasseurs de grands gibiers. En 2014, il a mené une étude sur cette pratique, et il conclue que l’agrainage favorise même la reproduction des sangliers : "L’agrainage d’hiver ne contribue pas à la réduction. Il peut, dans certains cas effectivement, contribuer à son augmentation ou à sa survie. Donc c’est pour cela qu’il a été interdit cette année." Des chasseurs pourtant autorisés à agrainer Et pourtant, Patrick Ercolecci, comme 521 chasseurs du département de l’Aisne, continue de nourrir des sangliers sur ses terres. Mais il en a le droit : la préfecture de son département l’y a autorisé dans un arrêté pris le 5 novembre 2020, en totale contradiction avec la circulaire de la Ministre. Deux fois par semaine, il sort donc son 4x4 pour éparpiller du maïs. Il déverse 350 kg de céréales chaque mois dans son bois. Et il a même des machines qui le font à sa place, des agrainoirs automatiques : "Je la programme une fois tous les jours à 6 heures du matin, ça tourne pendant à peu près 10 secondes et vous avez 3 à 5 kg de maïs qui tombent. Il faut absolument tenir les animaux dans les endroits où ils vivent. C’est à dire la forêt, les bois, plutôt que d’aller en plaine chercher de la nourriture." L’agrainage est ainsi autorisé par le préfet de l’Aisne mais interdit par la ministre. Comment est-ce possible ? Nous avons montré l'arrêté préfectoral de l'Aisne à Bérangère Abba, Secrétaire d'Etat chargée de la Biodiversité : "Oui, moi aussi je l’ai trouvé. Et je m’en suis inquiétée. On a demandé au prefet de revoir cette disposition qui effectivement contrevient même pas à l’esprit mais clairement à la lettre de cette circulaire." Nous avons sollicité la préfecture de l'Aisne, qui ne nous a pas répondu. D’après Berangère Abba, l’arrêté du Préfet devrait être modifié dans les jours à venir.