VIDEO. Une brève histoire du pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle

L’histoire du chemin le plus célèbre d’Europe a commencé au IXe siècle. Une rumeur court chez les chrétiens : le tombeau de Jacques le Majeur, l’un des douze apôtres, aurait été découvert en Galice, à l’extrémité nord-ouest de l’Espagne. Les premièrs pèlerins se mettent alors en marche et ils seront bientôt des milliers. Deux siècles plus tard, une cathédrale est édifiée pour protéger ces reliques sacrées. "Les premiers textes qui parlent de la découverte sont de la fin du XIe siècle. Ils expliquent qu’un ermite, appelé Pélage, a vu au-dessus d’un bosquet des lumières étranges…" raconte l’historienne Adeline Rucquoi, une des rares expertes du pèlerinage de Compostelle, au magazine "13h15 le dimanche" (replay). "L’ermite est allé avertir l’évêque qui vivait alors à une quinzaine de kilomètres de là. Il est venu, est entré dans le bosquet et a découvert le tombeau, poursuit l’hispaniste et médiéviste française. Et les textes nous disent que par une 'révélation’, il a su que c’était le tombeau de saint Jacques, c’est-à-dire qu’il n’est pas tombé sur un tombeau sur lequel il y avait écrit : 'Ci-git saint Jacques'. On est dans le domaine de la foi, et donc, la révélation c’est que c’était le tombeau de saint Jacques. On va ensuite construire une petite église pour gérer le flux des pèlerins. A la fin du XIe siècle, l’ancienne église n’est plus adaptée. On va la démolir petit à petit et construire à sa place l’église romane que nous connaissons." "On va créer des chemins, parfois pour des raisons économiques" "C’est une église immense pouvant contenir 2 500 personnes, ce qui nous donne un indice de la fréquentation du sanctuaire, note l’auteure de Mille fois à Compostelle. Pèlerins du Moyen Age (éd. Les Belles Lettres) et lauréate du prix Gobert (2016), décerné chaque année à un historien par l'Académie des inscriptions et belles-lettres. Quand l’archevêque de Compostelle construit l’église romane, il enfouit les reliques de saint Jacques sous le maître-autel. Et à partir de ce moment-là, les pèlerins ne peuvent plus toucher le tombeau, les reliques. Toute l’église devient alors un reliquaire." "Dans la deuxième moitié du XXe siècle, on va créer des chemins, parfois pour des raisons économiques, parfois pour d’autres raisons, et on va leur donner une ancienneté qu’ils n’ont pas, parce que, évidemment, on ne trouve pas historiquement de preuves. C’est un phénomène récurrent, et c'est passionnant car cette multiplication de chemins créés dotés d’une histoire ancienne, prouve la vitalité de ce pèlerinage. C’est fondamental, même si en tant qu’historien on peut dire que cela n’a aucune valeur, ce n’était pas historique, personne n’est passé par là il y a encore cent ans. Ce n’est pas grave, le pèlerinage est vivant", analyse Adeline Rucquoi. > Les replays des magazines d'info de France Télévisions sont disponibles sur le site de Franceinfo et son application mobile (iOS & Android), rubrique "Magazines".