VIDEO. Allemagne : des cures contre le burn-out parental dans des établissements spécialisés prises en charge par la Sécurité sociale

"Le moment où j’ai compris que j’étais à bout et que je n’en pouvais plus, c’est lorsque ma fille m’a demandé de lui nouer ses lacets. C'est un détail qui n’aurait jamais dû m’énerver, mais j’ai explosé. Je lui ai crié dessus pour rien. Cela a été un déclic. J’ai pensé que je ne pouvais pas faire à mes filles, à moi-même… Je suis allée chez le médecin pour demander de l’aide", confie une maman de 33 ans au magazine "Nous, les Européens" (replay). Cette aide est parfaitement reconnue par le système de santé en Allemagne. Les cures pour traiter le burn-out parental sont validées et presque remboursées par la Sécurité sociale. Les participant-e-s ne paient que dix euros par jour pour la nourriture et l’hébergement. Si les médecins évoquaient il y a quelques années le surmenage ou la dépression, le terme de burn-out parental est désormais utilisé sans hésitation. "Je ne crois pas que ce soit tabou de parler de burn-out parental. Les femmes en parlent volontiers, explique la psychologue Carola Casaretto, qui exerce dans la clinique Elly Heuss-Knapp, à Plön, dans le nord de la République fédérale d’Allemagne. Le problème est ailleurs : on ne les écoute pas. Beaucoup de jeunes femmes sont aujourd’hui confuses parce que les attentes sur elles pèsent de toutes parts : l’employeur, les amis, le mari, la famille… tout le monde veut quelque chose d’elles. Et elles portent le désir de tout faire parfaitement. Cela ne peut mener qu’à l’épuisement…" 100 000 mères et 6 000 pères bénéficient de ces séjours La thérapeute de cet établissement spécialisé du Land de Schleswig-Holstein, le plus septentrional du pays, qui accueille papas et mamans dépassés par la situation dans leur vie quotidienne, précise : "Nous mettons beaucoup l’accent sur le fait que les femmes échangent entres elles et réalisent qu’elles ne sont pas seules." Ces cures mère-enfant ont été créées en 1950 par Elly Heuss-Knapp, épouse du premier président d’après-guerre, qui était aussi une femme engagée pour les droits des femmes. Chaque année, 100 000 mères et 6 000 pères bénéficient de ces cures. A Plön, les enfants sont pris en charge pendant le séjour des parents : il y a une crèche et même une école ouvert de huit seize heures. Des ateliers créatifs permettent aussi de renforcer la relation entre les parents et les enfants. "Quand les enfants sont contents, la maman est contente", dit une animatrice de l’atelier peinture. La pédiatre du centre observe dans son cabinet les conséquences concrètes de ce burn-out parental sur les enfants : "On voit des maux de têtes et de ventre, des dépressions… affirme Kathrin Brendel-Müller. Et quand les parents sont surchargés, cela se répercute naturellement sur les enfants." Et tous les spécialistes constatent aujourd’hui que ces symptômes se sont multipliés depuis le début de la pandémie liée au coronavirus Covid-19… > Les replays des magazines d'info de France Télévisions sont disponibles sur le site de Franceinfo et son application mobile (iOS & Android), rubrique "Magazines".