VIDEO. 9 questions très directes sur les vaccins que vous avez posées à Alain Fischer

Je ne veux pas du vaccin, en quoi je représente un danger pour les vaccinés ? Alain Fischer : La vaccination n'est pas une protection absolue, elle est très bonne mais c'est pas 100 %, c'est 90 %. C'est encore moins absolu pour les personnes les plus fragiles, donc tant qu'il y aura des personnes non-vaccinées susceptibles de contaminer, d'une part parmi celles-ci il y a quand même un petit danger, surtout avec les variants, des personnes un peu plus jeunes maintenant sont infectées et sont parfois gravement infectées et il y a quand même un petit risque de contaminer des gens vaccinés. Que sait-on réellement au sujet de la durée de protection conférée par les vaccins ? Alain Fischer : On ne peut pas savoir aujourd'hui, parce que c'est le temps qui nous le dira. Au bout de combien de temps est-on protégé après la vaccination de deux doses ? Alain Fischer : Ça dépend des vaccins. Sur les vaccins ARN, on est pleinement protégé, même si la protection commence avant, mais on est pleinement protégé à partir du 7e jour qui suit la seconde dose. En fait, on est déjà protégé, un petit moins bien mais quand même assez bien, à partir du 12e ou 14e jour après la première dose. Pour le vaccin AstraZeneca, on est bien protégé à partir de 21 jours après la première dose et un petit peu mieux après la seconde dose mais qui intervient plus tard puisque l'intervalle de temps est de 12 semaines dans le cadre du vaccin AstraZeneca contre 4 semaines pour les vaccins ARN. Est-ce que d'autres vaccins sont en cours de développement et on en est où en France ? Alain Fischer : Aujourd'hui, il y en a trois qui sont disponibles. Les deux vaccins ARN, Pfizer dont on dispose de beaucoup plus de doses, Moderna, le vaccin AstraZeneca qui est un vaccin fondé sur des vecteurs adénoviraux, il y a un deuxième vaccin adénovirus qui va arriver dans les semaines qui viennent, de la société Johnson & Johnson, il vient d'obtenir l'autorisation de l'Agence européenne du médicament, donc on aura un certain nombre de doses en avril, ensuite on devrait voir arriver en mai/juin un troisième vaccin de la société CureVac et un premier vaccin fondé sur une protéine associée à un adjuvant, c'est une technique plus classique. Comment expliquer qu'on ait développé si vite plusieurs vaccins contre le Covid et toujours aucun contre le sida ? Alain Fischer : C'est plus compliqué pour le sida. C'est pas qu'il n'y a pas de recherche non plus sur le sida. Le virus du sida est complètement différent. Sur le plan biologique, il n'a rien à voir avec le SARS-CoV-2. Les cellules infectées ne sont pas les mêmes. Est-ce que vous pensez que le "passeport vert", ça va être la solution ? Alain Fischer : Lorsque tout le monde aura eu accès à la vaccination, tant qu'on y est pas on serait en situation d'inéquité. Ça pose des questions qui sont un peu complexes, mais en tout cas, ça ne peut pas être envisagé avant ce moment-là. Jusqu'à combien de temps peut-on développer des effets secondaires ? Si on n'a aucun effet lors de la première injection, peut-on en développer lors de la seconde ? Alain Fischer : En théorie oui, mais enfin le risque me paraît extrêmement faible. Dans les données des essais cliniques, faits chez des dizaines de milliers de personnes, on n'a pas observé d'effets secondaires spécifiquement au décours de la seconde injection. Ce qu'il peut y avoir, c'est le cas avec le vaccin ARN, un petit peu plus de réaction immédiate, genre maux de tête, malaises, des petites choses qu'on observe de façon très transitoire dans les 48h qui suivent la vaccination. Pourquoi un vaccin avec ARN messager et pas un vaccin classique ? Alain Fischer : Moi j'ai envie de répondre : et pourquoi pas ? Plus on a de solutions, et de solutions en plus efficaces, plus rapides à mettre en œuvre, ce qui est le cas avec les vaccins ARN, ils sont beaucoup plus faciles à fabriquer, faciles à adapter si besoin sur les variants des virus pour les mois ou peut-être les années qui viennent, ça offre des solutions de production de quantités de doses infiniment supérieures de vaccins qui sont extrêmement efficaces. On a peu de recul sur la technique de l'ARN messager, est-ce qu'on est à l'abri de se rendre compte dans 10 ans que ce type de vaccins crée des problèmes ? Alain Fischer : C'est extrêmement improbable. On a un certain recul puisqu'ils ont déjà été utilisés depuis quelques années comme vaccins contre les cancers.