VIDEO. 225 millions d'euros de fraude au chômage partiel… dont la moitié aurait été récupérée ?

Entre le dispositif de chômage partiel, le fonds de solidarité et les fraudes, le "quoi qu'il en coûte" à la française revient cher aux finances publiques : une centaine de milliards d'euros. Au titre du chômage partiel, en 48 heures et sans aucun contrôle, les entreprises ont pu se faire verser une aide pour n’importe quel salarié, même imaginaire. De quoi aiguiser l’appétit des escrocs, petits ou gros... Ces milliers de fraudes commises depuis le début du confinement, en mars 2020, des inspecteurs du travail les ont dénoncées. Elles se monteraient à 225 millions d'euros. 500 000 contrôles effectués ? En janvier 2021, le ministère du Travail a communiqué sur les chiffres de cette fraude : elle concernerait moins de 1% des 27 milliards distribués au titre du chômage partiel. Ces 225 millions d'euros représentent une grosse somme tout de même... mais le ministère du Travail affirme en avoir déjà récupéré plus de la moitié. Comment l'argent a-t-il pu être récupéré ? Toutes les demandes d'interview de "Complément d'enquête" au ministère du Travail ont été refusées. Contacté par les journalistes, un responsable syndical à l'inspection du travail s'interroge sur les chiffres avancés par son ministère. Plus de 1 million 100 000 demandes d'indemnisation ont été présentées au titre du chômage partiel, souligne-t-il. Le chiffre de 500 000 contrôles ne lui paraît guère réaliste. "Pour arriver à ce chiffre-là, le ministère mélange des choux et des carottes" "Pour arriver à ce chiffre-là, estime Simon Picou, le ministère mélange des choux et des carottes : de véritables contrôles réalisés in situ dans les entreprises, avec demande et examen des pièces, retour à l'employeur, des choses qui prennent du temps, et de simples échanges mail ou vérifications sur un logiciel, qui vont beaucoup plus vite... Il mélange tout ça sciemment, pour arriver à un chiffre impressionnant de contrôles, qui se veut rassurant pour les administrés…" Les journalistes ont interrogé un autre inspecteur, qui déplore la mollesse de l'administration. L'enquêteur aurait tout fait pour récupérer l'argent des fraudeurs, jusqu'à les menacer de prison, mais l'organisme de paiement de l'Etat aurait refusé des remboursements... "On se l'est fait reprocher par l'organisme de versement, qui ne savait pas pourquoi l'argent revenait sur son compte, et de quelle société provenait l'argent, affirme-t-il. Ça devait visiblement être trop de travail, et donc ils ont dit qu'il fallait qu'on laisse tomber cette solution-là." Extrait de "Quoi qu'il en coûte ? Enquête sur les escrocs du Covid", un document à voir dans "Complément d'enquête" le 8 avril 2021. > Les replays des magazines d'info de France Télévisions sont disponibles sur le site de Franceinfo et son application mobile (iOS & Android), rubrique "Magazines".