VIDEO. Cet éleveur a-t-il subi des représailles de sa coopérative parce qu'il s'est converti à l'agroécologie ?

Patrice Brachet est éleveur laitier en Dordogne. Son exploitation d'Azerat, près de Brive-la-Gaillarde, a été l'une des plus performantes de France et la première en production de son département. Mais à force d'investir plus pour produire plus, l'éleveur se retrouve criblé de dettes : des centaines de milliers d'euros à rembourser. Lui a l'impression de "bien travailler", ce que confirment le contrôleur laitier et son comptable, sauf qu'il accumule des dettes. "Donc c'est la descente aux enfers, c'est un redressement judiciaire", prononcé en 2013. Patrice Brachet confie avoir alors pensé au suicide, mais il repousse cette idée qui "aurait mis sa famille dans une merde noire". "C'est pas une histoire de paiement, c'est 'représailles agroécologie'…" Pour s'en sortir, l'éleveur décide de se convertir à l'agroécologie. Ses vaches sont mises au pré l'été, et nourries l'hiver avec du fourrage "maison". Ses comptes, tenus par son fils, s'en trouvent rapidement mieux. Rien qu'en se passant presque complètement des concentrés, ces compléments alimentaires donnés aux vaches en élevage conventionnel, il économise des milliers d'euros : 40 000 la première année, 110 000 en trois ans. Autant de manque à gagner pour la coopérative qui les lui vend... Celle-ci lui a-t-elle fait subir des représailles pour s'être converti à l'agroécologie ? En 2018, elle a refusé de livrer 10 000 euros de colza pour son troupeau. L'éleveur, en contrat avec une laiterie qui assure les paiements à la coopérative, est catégorique : "C'est pas une histoire de paiement, c'est pas une histoire d'autre chose, c'est 'représailles agroécologie'." Extrait de "Les agriculteurs vont-ils sauver la planète ?", un document à voir dans "Pièces à conviction" le 25 mars 2020.