Les vidéos du stade de France détruites volontairement selon Marine Le Pen

Marine Le Pen, ici lors d'une conférence de presse avant le second tour de la présidentielle, estime que la destruction des images de vidéo-surveillance du stade de Franc est
Marine Le Pen, ici lors d'une conférence de presse avant le second tour de la présidentielle, estime que la destruction des images de vidéo-surveillance du stade de Franc est

Marine Le Pen, ici lors d'une conférence de presse avant le second tour de la présidentielle, estime que la destruction des images de vidéo-surveillance du stade de Franc est "volontaire". (Photo: via Associated Press)

POLITIQUE - Les images de vidéosurveillance du Stade de France pendant la finale de la Ligue des Champions ont-elles été effacées “volontairement”? Pour la présidente du Rassemblement national Marine Le Pen, la réponse est oui, sans hésitation. Et elle y voit l’œuvre de “nos dirigeants”.

″Ça s’appelle couvrir ses traces. Je n’ose pas imaginer que nos dirigeants soient incompétents au point de ne pas avoir immédiatement demandé que leur soit transmis les vidéos surveillance” du Stade de France, compte tenu de “l’écho” qu’à eu l’affaire. “Donc, c’est volontaire”, a dénoncé l’ex-candidate à la présidentielle ce vendredi 10 juin sur RMC et BFMTV.

“Le fait qu’il n’y ait pas de vidéo surveillance permet de couvrir leurs mensonges énormes”, assure Marine Le Pen. À savoir que “la fable des 40.000 personnes avec de faux billets en était une” et “qui étaient (les) responsables des centaines d’agressions qui ont eu lieu.” Du point de vue de la dirigeante, les auteurs des agressions sont bien sûr à chercher du côté des “hordes de délinquants”.

“Scandale” ou” faute grave”?

C’est Erwan Le Prévost, directeur des relations institutionnelles de la FFF, qui a indiqué au cours de son audition au Sénat la suppression de ces images filmées par le Stade de France. “Les images sont disponibles pendant sept jours, et après ce délai, elles sont automatiquement détruites”, a-t-il expliqué.

Pour les conserver, “on aurait dû avoir une réquisition pour les fournir aux différentes populations”. Seule la justice est en capacité de réclamer ses images. Mais les réquisitions n’ont pas eu lieu, pour des raisons inconnues à ce stade. Selon Gabriel Attal, ministre du Budget et ancien porte-parole du gouvernement, le ministère de la Justice devrait donner “des précisions dans les prochaines heures”.

D’autres images, celles de la préfecture de police, existent toujours et “sont évidemment toujours à la disposition de la justice, dans le cadre de réquisitions dressées dans une enquête pénale”, a rappelé la PP dans un tweet jeudi soir. Les images du Stade de France sont considérées comme celle d’un “opérateur privé”, ce qui explique leur suppression au bout de 7 jours sauf demande express de la justice.

Mais cela ne permet de comprendre pourquoi la justice n’a pas réclamé les images du Stade, alors que les critiques fusent des deux côtés de la Manche. Et Marine Le Pen en profite pour incriminer directement “nos dirigeants”, parmi lesquels les ministres Gérald Darmanin et Éric Dupont-Moretti. Il s’agit selon elle d’une “destruction de preuves par inaction”, destinée à cacher “ce qui s’est passé”. Et elle n’hésite pas à parler de “scandale d’État”.

Sans aller aussi loin, d’autres responsables politiques posent aussi à demi-mot la question. La sénatrice PS Marie-Pierre de la Gontrie cite ce vendredi Michel Rocard: “’Toujours préférer l’hypothèse de la connerie à celle du complot. La connerie est courante. Le complot exige un esprit rare.′ Peut-on ici appliquer cette pensée mythique de Michel Rocard? Pas convaincue”, tweete-t-elle.

Interrogé sur BFMTV, le président (LR) de la Commission des Lois du Sénat estime que “si on a la preuve qu’ils ont sciemment oublié de les demander, ça devient un scandale”. “Si c’est un oubli, c’est une faute grave. Dans les deux cas, c’est une très grande difficulté”, relève François-Noël Buffet. Et de préciser qu’il était pourtant “en contact” avec le cabinet du ministère de l’Intérieur “depuis un peu plus d’une semaine pour pouvoir organiser ce visionnage des images”. “Le ministre de l’Intérieur m’a dit, en audition la semaine dernière, qu’il tenait à ma disposition les images vidéos”, rappelle-t-il, sans préciser s’il s’agit de celle du Stade ou celles de la Préfecture de police (toujours disponibles).

Les explications du ministère de la Justice, dont dépend le tribunal de Bobigny compétent pour réclamer les vidéos, n’en sont que plus attendues. Selon Le Monde et RMC, la justice aurait finalement réclamé les vidéos de surveillance - supprimées-  jeudi soir, après les auditions.

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Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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