La police iranienne s'acharne sur un homme déjà ligoté : "c'est le George Floyd iranien"

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Le 24 octobre, des images publiées par des médias en persan et reprises sur les réseaux sociaux, montrent la police iranienne utiliser du gaz lacrymogène puis un taser contre un homme immobile, déjà menotté à une barre de fer. Emmenée à l’hôpital, la victime est décédée dans une ambulance selon les médias iraniens.

La mort de cet homme le 24 octobre à Mashhad, dans le nord-est de l’Iran, fait suite à une série de violences policières. Ces dernières semaines, plusieurs "parades de la honte" - des opérations d’humiliation publiques, tenues dans les rues iraniennes avant le jugement de suspects - ont notamment été organisées dans différentes villes du pays.

Selon les médias iraniens, tout commence quand la belle-famille de Mehrdad Sepehri, 30 ans, contacte le "110" - équivalent du numéro d’urgence "17" en Iran - après une dispute familiale. Dans la vidéo, diffusée dans la presse et en ligne, les policiers menottent et harcèlent Mehrdad Sepehri. Celui-ci semble pourtant ne représenter aucune menace. Il est ensuite décédé dans une ambulance sur le trajet entre le commissariat de police et l’hôpital.


Plusieurs internautes décrivent Mehrdad Sepehri comme le "George Floyd iranien".

Les images ont suscité de nombreuses réactions condamnant la violence des forces de l’ordre. Une seconde vidéo, montrant le corps de la victime couvert de bleus, a ajouté au scandale. La télévision nationale iranienne s’est alors empressée de justifier la mort de Mehrdad Sepehri. Dans les journaux télévisés de la chaîne, la victime est ainsi présentée comme une "personne violente".

"Mehrdad Sepehri, le George Floyd iranien".

Toutefois, le procureur militaire de l'affaire Mehrdad Sepehri a annoncé, le 25 octobre, que la famille de la victime avait porté plainte contre l’agent de police qui apparaît dans la vidéo. Ce dernier a été arrêté et fait l’objet d’une enquête interne.

Ces trois dernières semaines, la police iranienne a tué trois hommes lors de leurs arrestations respectives à Esfarayen, à Shahriar et à Mashhad.

En Iran, les images de violences policières ne sont pas rares mais les coupables sont très peu poursuivis. L’institution policière défend parfois même les méthodes brutales de certains agents.

En 2019, la vidéo d’une adolescente violemment arrêtée par la police à Téhéran, le 22 juin, après une bataille d’eau avait indigné de nombreux internautes iraniens. Or, la police avait choisi de s’en prendre au "comportement immoral" de la jeune fille.

Article écrit par Ershad Alijani.