[Vidéo] Carlos Ghosn compare la justice japonaise à celle de la Corée du Nord

La justice libanaise a interdit jeudi au magnat de l'automobile déchu Carlos Ghosn de quitter le pays suite à une demande d'arrestation d'Interpol, le Japon réclamant l'extradition de l'homme d'affaires accusé de malversations financières. « Je ne suis pas du tout inquiet. Je m’y attendais, ce n’était pas une surprise », a déclaré l'ancien PDG de Renault-Nissan dans un entretien accordé à France 24.

Dans cet entretien accordé à France 24 et enregistré à Beyrouth ce jeudi 9 janvier, le magnat de l'automobile déchu a notamment comparé la justice japonaise à celles de la Corée du Nord, de la Chine et de la Russie soviétique. « Si vous ne pouvez pas vous défendre, vous allez être condamné dans tous les cas », a-t-il déclaré, au sujet de la procédure menée contre lui au Japon où il est accusé de malversations financières.

« Vous avez des gens qui ont envie que vous ne vous en sortiez pas (...). Vous savez, si vous étiez en Corée du Nord, ou si vous êtes en Chine, ou si vous étiez dans la Russie soviétique... », a poursuivi Carlos Ghosn.

« C'est comparable ? » demande alors Marc Perelman qui mène l'interview. « Ah, tout à fait. Dès qu'il y a un déni de justice, c'est comparable. Quand il y a un déni de justice, c'est un déni de justice », a-t-il répondu.

La justice libanaise a interdit jeudi à l'ancien patron de l'alliance Renault-Nissan-Mitsubishi de quitter le pays à la suite d'une demande d'arrestation d'Interpol, le Japon réclamant son extradition.

Au lendemain d'une spectaculaire conférence de presse à Beyrouth, première apparition publique depuis qu'il a fui Tokyo fin décembre, l'homme d'affaires de 65 ans s'est en revanche dit prêt à « coopérer » avec la justice libanaise.

Carlos Ghosn, qui clame son innocence et se dit victime d'un complot, fait l'objet de quatre inculpations au Japon: deux pour des revenus différés non déclarés aux autorités boursières par Nissan (qui est aussi poursuivi sur ce volet), et deux autres pour abus de confiance aggravé. Interpellé en novembre 2018, celui qui fut le chef d'entreprise le mieux payé du Japon avait été contraint d'abandonner tous ses mandats à la tête de Renault, Nissan et Mitsubishi. Il avait été libéré sous caution en avril 2019, après 130 jours d'incarcération.