Victor Horta et l’utopie ouvrière à Bruxelles

Libération.fr

Nicole Malinconi évoque le destin de Maison du peuple, construite en 1899 par l’architecte belge. Un palais de fer et de verre qui sera démonté en 1965.

Jour de liesse à Bruxelles, le 2 avril 1899. Même Jean Jaurès est venu de France. On inaugure la Maison du peuple, au terme de presque quatre ans de travaux et de tracas, qui ne sont pas venus à bout de la patience du maître d’œuvre, Victor Horta. Pour l’architecte, écrit Nicole Malinconi, c’est «un jour radieux». Il l’expliquera dans ses mémoires : «On m’a choisi parce qu’on voulait avoir une Maison du peuple à ma manière esthétique, et pas du tout pour mes idées politiques.» Il se trouve, ça tombe bien, que ses idées collent avec celles de la coopérative, affiliée au Parti ouvrier belge, à l’origine de ce palais.

Quatre niveaux, une immense salle de spectacle en haut, là où se trouvent d’ordinaire les bureaux, huit grandes vitrines sur la rue pour qu’on voie bien les magasins. Ce qu’on voit aussi, c’est le fer apparent, utilisé partout, pour les poutres et la charpente - la marque de l’époque, la ligne Horta. Tout est boulonné, plutôt que rivé. On peut démonter cette maison idéale, «une maison où l’air et la lumière seraient le luxe si longtemps exclu des taudis ouvriers», écrit le visionnaire. Et en 1965, lorsqu’il est décidé de démolir la Maison du peuple, malgré les protestations des architectes du monde entier, on va effectivement la démonter. Elle ne sera bien sûr jamais remontée. Avant même que la ferraille s’en aille rouiller dans l’herbe où on l’abandonne, il en manque quarante tonnes, volées et revendues. A la place de la Maison du peuple, on construit en 1966 une tour en béton de 26 étages, symbole du ravage urbain appelé «bruxellisation».

Meetings. Nicole Malinconi, romancière qui ne raconte pas d’histoires, évoque la figure de Victor Horta sans en faire la biographie. Il est né en 1861, fils de cordonnier, mauvais élève sauf quand il découvre l’architecture, mort baron en 1947 après avoir détruit ses (...)

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