Une victoire de l'extrême droite en Italie? Ce que disent les derniers sondages avant les élections

Silvio Berlusconi, Silvio Berlusconi et Matteo Salvini, à Rome le 19 octobre 2019. - Tiziana FABI / AFP
Silvio Berlusconi, Silvio Berlusconi et Matteo Salvini, à Rome le 19 octobre 2019. - Tiziana FABI / AFP

Depuis une dizaine de jours, les médias italiens ne relayent plus de sondages. Ils sont interdits par la loi électorale depuis le 9 septembre. Toutefois, les jeux semblent presque déjà faits: tous les précédents sondages entrevoient la victoire de Giorgia Meloni ce dimanche, lors des élections générales.

Avec une bonne longueur d’avance sur ses rivaux, son parti d'extrême-droite Fratelli d’Italia ("Frères d'Italie), considéré comme post-fasciste, a de bonnes chances de diriger le prochain gouvernement dans une coalition des droites, où il sera la force principale. Après la victoire de la droite et l'extrême-droite en Suède, les yeux sont désormais rivés sur l'Italie.

Quasiment un siège sur deux

En juillet dernier, l'effondrement du gouvernement de coalition, qui comprenait des partis de gauche, de droite et centristes, avait entraîné la démission du Premier ministre Mario Draghi. De quoi déclencher des élections générales anticipées ce mois-ci.

Il y a encore quatre ans, le parti Fratelli d’Italia créé par Giorgia Meloni naviguait autour de 4% des voix. Aujourd'hui, il obtiendrait entre 24 et 26% ce dimanche, devenant ainsi la première formation politique du pays. Un tel résultat lui permettrait surtout de prétendre au poste de Première ministre.

En effet, Giorgia Meloni est à la tête d'une coalition de droite et d'extrême droite et prévoit ainsi de gouverner avec la Lega de Matteo Salvini (12-14%) et Forza Italia (7-9%), la formation de droite de Silvio Berlusconi. Ce bloc recueillerait entre 46 et 48% des suffrages au total.

Vers une forte abstention

Derrière, la coalition de gauche, comprenant notamment le Parti démocrate, est à la traîne puisqu'il est crédité entre 22 et 24% des voix. Le mouvement populiste 5 étoiles, dirigé par l'ancien Premier ministre Giuseppe Conte et se définissant ni de gauche ni de droite, serait ce dimanche, selon les sondages, la troisième force du pays avec 13 à 14% des suffrages.

Si Giorgia Meloni devient première ministre, elle sera la première femme de l’histoire républicaine à occuper cette fonction. Ce sera également la première fois que les héritiers, même lointains, du fascisme prennent le pouvoir.

La grande inconnue de ces élections reste néanmoins le taux de participation, qui pourrait avoir un impact sur les résultats finaux. En effet, selon une estimation, 41% de l'électorat ne prévoyait pas de se déplacer aux urnes.

Article original publié sur BFMTV.com