Agressé à l'arme blanche, le maire de Gdansk est mort

Le maire de la ville de Gdansk Pawel Adamowicz, attaqué au couteau dimanche soir, a succombé lundi à ses blessures, a annoncé le ministre polonais de la Santé Lukasz Szumowski. /Photo prise le 13 janvier 2019/REUTERS/Agencja Gazeta/Bartosz Banka

VARSOVIE (Reuters) - Le maire de la ville de Gdansk Pawel Adamowicz, attaqué au couteau dimanche soir, a succombé lundi à ses blessures, a annoncé le ministre polonais de la Santé Lukasz Szumowski.

Des milliers de personnes se sont réunies lundi soir pour lui rendre hommage à Gdansk, la ville-berceau du syndicat Solidarnosc dont il était le maire depuis plus de vingt ans, et dans d'autres villes du pays, notamment Varsovie et Poznan.

Adamowicz, qui était âgé de 53 ans, a été agressé dimanche soir lors d'un gala de charité par un homme qui l'a poignardé. Les médecins l'ont opéré pendant cinq heures mais n'ont pu le sauver, précise l'agence de presse PAP.

Maire de Gdansk depuis 1998, membre de la Plate-forme civique (PO), il assistait à un spectacle musical au profit des hôpitaux lorsqu'un homme est monté sur le podium pour l'agresser.

Sur des images de télévision, on voit l'assaillant hurler "Adamowicz est mort!" en levant les bras. Sur le même enregistrement, il affirme que la Plate-forme civique, au pouvoir de 2007 à 2015, l'a fait torturer alors qu'il était en prison.

Pawel Adamowicz, figure libérale de la classe politique polonaise, était un farouche opposant du parti conservateur Droit et justice (PiS), aujourd'hui au pouvoir.

Son assassin est un jeune homme de 27 ans, prénommé Stefan, qui avait été libéré en décembre de prison où il purgeait une peine de cinq ans et demi de détention, depuis 2014, pour des attaques de banques à Gdansk.

Des psychiatres vont se pencher sur son cas et déterminer s'il peut être considéré comme pénalement responsable du crime, a déclaré le procureur Krzysztof Sierak lors d'une conférence de presse.

L'agence PAP, qui ne donne pas ses sources, a indiqué qu'il avait été par le passé soigné pour schizophrénie dans un hôpital pénitentiaire.

La classe politique polonaise a été unanime pour dénoncer cette agression, notamment le Premier ministre Mateusz Morawiecki et le ministre de l'Intérieur Joachim Brudzinski, membres du PiS.

"Je tiens à exprimer ma grande douleur après la mort tragique du maire Pawel Adamowicz", a écrit sur Twitter Jaroslaw Kaczynski, le numéro un du PiS.

Le président de la République, Andrzej Duda, allié du PiS, a lancé un appel à l'unité nationale face à la violence.

Un deuil national sera décrété le jour de ses funérailles, qui n'a pas encore été fixé.


(Joanna Plucinska et Pawel Goraj; Guy Kerivel et Eric Faye pour le service français, édité par Henri-Pierre André)