Viande artificielle, poudre d'insecte, fermentation : la révolution alimentaire n'est pas pour demain

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Nuggets de viande artificielle ou poudre d'insectes : ces aliments promus par des start-up avides de profits ne devraient pas radicalement changer la donne. Le menu du futur fera la part belle aux fondamentaux, légumineuses et aliments fermentés. .. réinventés.

Cet article est issu du magazine Sciences et Avenir - Les Indispensables n°205 daté avril/ juin 2021.

Le 19 décembre 2020, les convives d'un restaurant de Singapour ont dégusté des nuggets de poulet d'un genre particulier. Une viande qui n'a jamais connu ni poulailler, ni même une cage d'élevage industriel. Et pour cause : elle ne provient pas directement d'un animal… mais de cellules de poulet, multipliées en laboratoire pour produire de la viande in vitro. La start-up américaine Eat Just, qui fabrique ces cellules, a réussi à obtenir l'autorisation des autorités sanitaires de Singapour pour cette première commercialisation de viande de culture dans le monde. Simple phénomène de mode, ou prémices de l'alimentation du futur ? Ces innovations sont pour le moment essentiellement le fait de start-up qui rêvent de décrocher le jackpot. "Il reste de nombreux verrous au passage à l'échelle industrielle de la viande ou du poisson in vitro, tempère Céline Laisney, directrice d'AlimAvenir, un cabinet de prospective dédié à l'alimentation. Il faudra encore au moins une décennie avant que ces produits soient accessibles au grand public. Or, dans dix ans, il y aura d'autres options, notamment végétales, certaines déjà bien installées et à un prix compétitif."

Dans les pays développés, la consommation de protéines excède les besoins nutritionnels

Trouver une alternative à la viande est bien l'un des grands enjeux de l'alimentation de demain. Quelques chiffres pour s'en convaincre : en 2050, la Terre comptera 10 milliards d'habitants - contre 7,7 milliards aujourd'hui. Actuellement, dans les pays occidentaux, 65 à 70 % des protéines consommées sont d'origine animale. "Étendre le mode de consommation de ces pays au monde entier n'est pas soutenable. Il faut pouvoir produire des protéines de manière simple et durable" , prévient Didier Rémond, directeur de l'Unité de nutrition humaine à l'Inrae de Clermont Auvergne-Rhône-Alpes. La solution se trouve notamment du côté des végétaux.[...]

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