Vexé par les critiques, Donald Trump se qualifie de "génie très stable"

Saul LOEB avec Leo MOUREN à Washington
Le président américain Donald Trump, le 5 janvier 2018 à la Maison Blanche, à Washington

Camp David (Etats-Unis) (AFP) - Donald Trump, après avoir vu ses aptitudes mentales remises en question dans un livre polémique, a vanté samedi ses facultés intellectuelles en se qualifiant de "génie très stable" depuis Camp David, où il rencontre les leaders républicains pendant le week-end.

"Tout au long de ma vie, mes deux atouts ont été ma stabilité mentale et le fait d'être, genre, très intelligent", a-t-il tweeté dans la matinée, visiblement vexé par l'image dépeinte de lui dans cet ouvrage dont il tenté d'empêcher la sortie.

"Je suis passé d'homme d'affaires TRES prospère à grande star de la télé et à président des Etats-Unis (à mon premier essai). Je pense qu'on peut me qualifier non seulement de malin, mais de génie... et un génie très stable en plus!", a-t-il continué, dans un message vindicatif à la tonalité rare pour un dirigeant d'une grande puissance.

Interrogé sur ses tweets en fin de matinée lors d'un point de presse à Camp David, Donald Trump a expliqué les avoir écrits parce qu'il est allé "dans les meilleures, la meilleure université". "J'étais un excellent étudiant. J'ai fait des milliards et des milliards de dollars", a-t-il ajouté.

Le débat sur la personnalité du 45e président des Etats-Unis a été relancé par la publication vendredi d'un ouvrage controversé: le livre du journaliste Michael Wolff "Fire and Fury: Inside the Trump White House" ("Le feu et la colère, dans la Maison Blanche de Trump", disponible en anglais seulement).

L'auteur y dresse un portait au vitriol de l'ancien magnat de l'immobilier, affirmant notamment que tout son entourage doute de sa capacité à gouverner.

"Ils disent qu'il est comme un enfant. Ce qu'ils veulent dire, c'est qu'il a besoin d'être immédiatement satisfait. Tout tourne autour de lui", a ainsi affirmé Michael Wolff vendredi sur NBC.

"Il est comme une boule de flipper, il part dans tous les sens", a-t-il ajouté en citant comme exemple le fait que le milliardaire répète les mêmes histoires "trois fois en dix minutes", une tendance également observée lors de ses interventions publiques.

-'C'est une honte' -

Lors de son point de presse, Donald Trump a de nouveau qualifié le livre d'"oeuvre de fiction". Michael Wolff "ne me connaît pas du tout et ne m'a jamais interviewé" à la Maison Blanche, a déclaré le milliardaire, affirmant que les trois heures (au total) d'interview que le journaliste affirme avoir passées avec lui, avant ou après son élection, n'existaient "que dans son imagination".

"J'ai fait une rapide interview avec lui il y a longtemps, pour un article", a-t-il reconnu."Je pense que c'est Steve le débraillé (surnom dont il a affublé son ancien conseiller Steve Bannon, ndlr) qui l'a fait venir à la Maison Blanche". "

C'est pour ça que Steve le débraillé recherche du travail maintenant", a-t-il poursuivi, quelques jours après l'avoir accusé d'avoir "perdu la raison".

Le président américain également regretté que les lois américaines en matière de diffamation soient "très laxistes". "C'est une honte que quelqu'un puisse faire une chose comme cela", a-t-il lancé.

Ses avocats personnels ont ainsi sommé la maison d'édition Henry Holt and Co. de "cesser immédiatement" la distribution du livre dont la sortie était prévue mardi. En réponse, l'éditeur l'a avancé de quatre jours. L'ouvrage était samedi en tête des ventes sur Amazon.

Plusieurs médias américains ont par ailleurs révélé jeudi qu'une dizaine d'élus du Congrès américain, en majorité des démocrates, ont consulté en décembre une professeur de psychiatrie de l'université de Yale pour analyser la santé mentale de Donald Trump.

"Les élus disaient qu'ils étaient inquiets du danger posé par le président, le danger posé par son instabilité mentale pour le pays", a expliqué sur CNN la professeure Bandy Lee, éditrice d'un recueil d'essais de psychiatres analysant l'état psychologique de Donald Trump.

Le président de la commission des Affaires étrangères du Sénat, le républicain Bob Corker, avait quant à lui comparé en octobre la Maison Blanche à une "halte-garderie pour adultes".

Le chef de la diplomatie américaine Rex Tillerson a défendu vendredi M. Trump dans une interview diffusée sur CNN. "Je n'ai jamais remis en cause son aptitude mentale, je n'ai aucune raison de douter de son aptitude mentale", a déclaré le secrétaire d'Etat.