Dans "Qui veut être mon associé" sur M6, Ashley Taieb, My Addie, remporte un deal inédit

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TÉLÉVISION - Elle était sans-abri il y a quatre ans, la voilà dans Qui veut être mon associé. La jeune entrepreneuse Ashley Taieb est venue dans l’émission de M6 ce mercredi 26 janvier pour y présenter “My Addie”. Cette application a pour but d’accompagner les personnes qui souffrent d’une addiction. Un projet directement inspiré de son histoire personnelle et qui a marqué le jury, comme vous pouvez le voir dans l’extrait en tête d’article.

La jeune femme de 29 ans a grandi à Ibiza (Espagne) avant de vivre en Turquie et au Brésil, notamment. Elle s’est retrouvée à la rue après un échec professionnel. “Lorsque j’ai décidé de venir à Paris pour lancer un projet dans le domaine de l’art, ça s’est mal passé et j’ai traversé une phase dépressive intense, explique-t-elle au HuffPost. J’étais seule et extrêmement vulnérable à ce moment-là; c’est comme ça que je me suis retrouvée à la rue et que je suis tombée dans le crack.

“Je me suis ‘mise en chantier’ pour m’en sortir”

Ashley Taieb erre alors dans les couloirs du métro parisien pendant quatre années avant d’avoir le déclic lorsqu’elle se retrouve enceinte de son fils, qu’elle élève aujourd’hui seule.

″Ça a été un sevrage extrêmement dur. On ne se rend pas compte que l’on devient addict au crack et un jour on se réveille et on découvre qu’on ne sait plus rien faire d’autre, qu’on a même plus envie de lire, manger, parler... À ce moment-là, c’était mon instinct de survie: soit je mettais toutes mes trippes pour trouver une solution pour arrêter de souffrir, soit je restais dans la rue. J’ai décidé de me prendre en main, et je me suis mise ‘en chantier’ pendant un an en me documentant, en échangeant...”

Ashley Taieb a décidé alors de mettre son expérience au service des autres pour les empêcher d’en arriver à ce stade d’addiction qu’elle a pu connaître. Elle est intervenue comme coach auprès de personnes qui souffrent d’addictions au cannabis, au sucre, ou aux jeux d’argent. “Il n’y a pas un seul milieu socioprofessionnel, qui soit épargné,” rappelle-t-elle.

100.000€ pour une chaîne YouTube

Son témoignage a bouleversé les cinq membres du jury qui ont accepté de s’associer ensemble pour soutenir son travail de prévention contre les addictions. À la suite de la proposition de Jean-Pierre Nadir (Fairmoove), ils ont décidé d’aider la jeune entrepreneuse non pas sur son projet d’application, mais en lui finançant une chaîne YouTube à hauteur de 100.000€. Celle-ci doit permettre de fédérer une communauté et surtout de briser les tabous sur ces sujets de société.

Ashley Taieb était si stressée avant son passage sur M6 qu’elle avait mis des petits cailloux dans ses chaussures pour ne pas trop bouger face aux jurés. Elle n’en revient toujours pas de leurs retours et leur soutien. “J’avais déjà réfléchi à lancer une chaîne YouTube, mais je manquais de confiance en moi pour m’exposer sur les réseaux sociaux et partager face caméra mon point de vue sur un sujet aussi délicat”, confie-t-elle. “Le plus grand cadeau que m’a offert Jean-Pierre Nadir ce jour-là, c’est de la confiance en moi.”

C’est une mission tellement plus grande que moi que s’il faut que je me serre la ceinture pour apporter ma pierre à l’édifice, je le ferai sans hésiter.Ashley Taieb après son passage dans "Qui veut être mon associé"

Depuis le tournage, Éric Larchevêque (Ledger), Delphine André (GCA), Jean-Pierre Nadir (Fairmoove), Marc Simoncini (Angell Bike) et Isabelle Weill (IWCorp) ont aidé la jeune femme à lancer les “Accrodates”, un tour de France des villes, au cours duquel elle va rencontrer le public avec sa caméra et échanger avec sur la thématique de l’addiction.

“J’ai déjà fait Toulouse, Paris et Marseille, liste la jeune femme. L’idée est de construire une vraie communauté, libérer la parole et montrer que rien n’est irréversible dans ces situations. Si déjà on arrive à parler de ces sujets entre nous sans se juger, c’est une étape importante de la guérison qui sera accomplie.”

Celle qui était traductrice et rédactrice pour plusieurs sites en freelance a arrêté son activité de côté pour se consacrer pleinement à son projet. Désormais, une équipe de neuf personnes travaille avec elle pour développer l’application “My Addie”, en parallèle de sa chaîne Youtube. Dans son application, elle proposera une méthode thérapeutique qu’elle a pu développer avec des professionnels, en s’inspirant de son historie personnelle.

“Pour l’instant je ne peux pas me verser un salaire. Mais quand on sait qu’on avance et surtout que l’on est soutenu on se dit que cela vaut le coup de se serrer les coudes. C’est une mission qui est tellement plus grande que moi que s’il faut que je me serre la ceinture quelques années pour pouvoir apporter ma pierre à l’édifice, je le ferai sans hésiter.”

Il est peu fréquent que le panel d’investisseurs décide d’investir ensemble. Lors de la première saison de “Qui veut être mon associé” en 2020, seuls deux projets avaient connu la même situation. Il s’agissait de la marque de vêtements dédiée aux personne handicapées “Constant et Zoé” ainsi “qu’Onzic”, plateforme qui propose des cours transformés en rap pour réviser le brevet et le bac. Chacun des projets avait levé 250.000€.

“C’est génial d’avoir signé avec les cinq mais c’est aussi une complexité supplémentaire car il faut coordonner tout le monde et essayer de jongler avec les agendas de chacun, mais ils ont toujours été disponibles et bienveillants pour me soutenir depuis le tournage”, conclut-elle.

À voir également sur Le HuffPost:“Dans “Qui veut être mon associé”, ce DIY de baguette intrigue le jury

Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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