Coronavirus : quels sont les impacts du Covid-19 pour les consommateurs en France ?

L'épidémie de Covid-19, qui sévit particulièrement en Chine, a des répercussions économiques jusqu'en France.

L’épidémie mondiale de Covid-19 sévit particulièrement en Chine, où elle est née. Le pays tourne au ralenti et cette situation commence à avoir des conséquences chez les consommateurs français.

Le Covid-19 n’en finit pas de progresser en Chine. Selon un nouveau bilan - revu à la hausse après l’adoption d’une nouvelle méthode de détection - près de 60 000 personnes sont contaminées ce 13 février. Plus de 1300 ont succombé au nouveau coronavirus.

Depuis plusieurs semaines - et l’intensification de l’épidémie - l’activité de la Chine est en pause. De nombreuses usines sont fermées, les congés du nouvel an lunaire ont été prolongés et les rues de certaines villes sont désertes.

Une situation qui a des répercussions aux quatre coins du globe, puisque le pays berceau de l’épidémie est la première puissance industrielle et commerciale planétaire. La Chine représente à elle seule 16% du PIB mondial et 30% de la production industrielle internationale.

Dans l’Hexagone aussi, les conséquences commencent à se faire sentir. Ce qui n’a rien d’illogique puisque l’Empire du Milieu est le deuxième fournisseur en France, juste après l’Allemagne, avec 53,8 milliards d’euros d’importation, selon un rapport de 2020. À l’inverse, la Chine est le 7e destinataire de nos exportations.

De l’avance dans les approvisionnements

Non seulement, sur place, plusieurs usines sont à l’arrêt ou tournent au ralenti, mais, en plus, les livraisons sont fortement impactées par le Covid-19, par mesure de sécurité. Or, la Chine fabrique à elle seule 50% des écrans de télévision mais aussi 70% des téléphones vendus dans le monde.

Depuis la fin officielle des congés du nouvel an lunaire, une seule des deux usines Foxconn - le principal fournisseur d’Apple pour les iPhones et le premier sous-traitant mondial pour l’électronique grand public - a rouvert. Et tous les salariés ne peuvent pas s’y rendre. Si les enseignes françaises ne sont pas encore en difficulté, c’est qu’elles avaient anticipé la baisse de production habituelle en cette période de fête, comme l’a affirmé le groupe Fnac Darty auprès de 20 Minutes.

Du côté de l’habillement, la Chine et Hong Kong représentaient 29% des importations de l’Hexagone en 2017. Un chiffre en recul par rapport aux années précédentes. Selon la Fédération de l’habillement, interrogée par le quotidien 20 Minutes, le secteur ne souffre pas encore des conséquences du Covid-19, puisqu’il se passe toujours plusieurs mois entre l’achat et l’approvisionnement. Les grandes enseignes commencent, elles, à ressentir plus de pression.

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Prix du pétrole en baisse

Avec la baisse d’activité du pays, la consommation de pétrole est en net recul en Chine, premier importateur mondial. Mais, jusqu’alors, la production reste inchangée. Très logiquement, le prix du baril de pétrole a donc chuté de 20% depuis janvier !

Une baisse visible à la pompe jusqu’en France. Dans l’Hexagone, le gazole coûte actuellement 1,4028 euros le litre, soit son prix le plus bas depuis janvier 2019. Le SP95 est affiché à 1,4989 et le SP98 à 1,5604. Un recul de près de 2 centimes en une semaine.

Conséquences sur le prix du gaz

Un mécanisme similaire se produit avec le gaz naturel liquéfié. Depuis la fin de l’année 2019, la Chine en est le principal consommateur. Or, depuis que l’épidémie du nouveau coronavirus a paralysé l’activité et les importations, la demande a chuté. La production, elle, se poursuit, menant à une baisse des cours du gaz en Asie - actuellement au plus bas de leur histoire. Cette situation a des répercussions aux États-Unis et en Europe.

Si la crise sanitaire mondiale liée au Covid-19 permet de faire baisser les prix du gaz et du pétrole, elle risque aussi, plus généralement, de ralentir la croissance française. Selon le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, elle pourrait enregistrer un recul de 0,1 point... si l’épidémie a déjà atteint son pic. Si, à l’inverse, la crise se poursuit avec la même intensité, “l’impact sera plus important”, a-t-il prévenu sur BFM TV ce jeudi 13 février.

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