Ce ver géant cauchemardesque terrorisait les océans il y a 20 millions d'années

Céline Deluzarche, Journaliste
·2 min de lecture

Cette créature semble tout droit sortie de la planète Dune ou de Tatouine dans Star Wars. Imaginez un ver géant de deux mètres de long, enfoui dans les sédiments sous-marins. Soudain, un poisson passe innocemment au-dessus de lui. Le ver jaillit du sable et saisit sa proie avec ses puissantes mâchoires pour l’emporter encore vivante dans son terrier où il sera consommé et digéré. Ce scénario n’est pas tiré d’un roman de science-fiction mais d’une nouvelle étude parue dans Scientific Reports, qui décrit le comportement alimentaire du ver Bobbit (Eunice aphroditois), une espèce de ver marin vivant il y a 20 millions d’années.

Le ver Bobbit attend sa proie enfoui dans le sable, prêt à jaillir hors de son trou. © Mean Mora, Viméo

Le ver Bobbit, un prédateur redoutable

Le ver Bobbit, qui a un diamètre de 2,5 cm et mesure environ un mètre de long (bien qu’on ait déjà découvert des spécimens de trois mètres), existe toujours aujourd’hui. La plupart des vers polychètes auxquels appartient Eunice aphroditois n’ont cependant pas un comportement prédateur mais se nourrissent de détritus par dépôt ou filtration de l’eau de mer. Ils sont apparus au début du Cambrien, mais leur corps étant constitué essentiellement de parties molles, les fossiles datant de cette époque sont rares. Il est donc difficile d’avoir une idée de la morphologie et du comportement de ces anciens vers.

Reconstituer l’espèce à partir du fossile de son terrier

Ce n’est pas un fossile de ver qu’ont donc décrit les chercheurs de l'Université nationale de Taiwan à Taipei, mais les traces de son terrier en forme de L. L’équipe s’est basée sur l’observation de 319 terriers de vers plus ou moins complets pour reconstituer son habitat, qui donne une bonne idée de son gigantisme : un diamètre de 2,5 cm et 2 mètres de longueur. Le terrier à l’aspect bien lisse et sans effondrement suggère que le ver occupait le terrier la plupart du temps en attente d’une proie à capturer. Les chercheurs ont...

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