Les vents violents de la tempête Gérard perturbent le quart nord-ouest de la France

Des rafales jusqu'à 158 km/h en Bretagne et des chutes d'arbres: après la douceur exceptionnelle du début d'année, la dépression hivernale Gérard frappe lundi un grand quart nord-ouest de la France, où 14 départements sont en alerte et plusieurs subissent des coupures d'électricité et des perturbations sur le réseau ferroviaire.

Quelque 90.000 clients étaient privés d'électricité lundi à 11H00, dont les deux tiers dans l'Ouest, selon le gestionnaire du réseau Enedis.

De son côté, la SNCF recense lundi "plus de 30 incidents" liés à la tempête, parfois en raison d'arbres tombés sur les voies, en Bretagne, Normandie, Pays-de-la-Loire et Centre-Val-de-Loire, ainsi qu’en Seine-et-Marne et Champagne-Ardennes.

La dépression, nommée Gérard, est décrite par Météo-France comme une "tempête hivernale classique pour la saison, mais nécessitant un suivi particulier".

"C'est une tempête comme il en arrive plusieurs fois par an", indique Frédéric Long, un des prévisionnistes joint par l'AFP. Le site de Météo-France recense six à 13 tempêtes par an sur la dernière décennie, à l'exception de la saison 2019/2020 avec 18 épisodes. Cette fois-ci, "on a eu de très fortes rafales sur le côtier, mais pas des valeurs exceptionnelles", souligne M. Long.

Sur le littoral breton et normand, les vents ont dépassé les 120 km/h en de nombreux endroits. Quelque 158 km/h de vent ont été relevés à la pointe du Raz dans le Finistère, un record pour cette station depuis 2017 et les 170 km/h enregistré lors de la tempête Zeus de 2017. Mais loin du record absolu de 216 km/h mesuré en 1987.

Dans les terres, en début de matinée, 119 km/h ont été relevés à Caen et 113 km/h à Damblainville (Calvados).

La tempête devrait toutefois "perdre d'intensité" dans l'après-midi de lundi en s'échappant vers la Belgique et les Pays-Bas après avoir touché l'extrême ouest des régions Grand-Est et Bourgogne-Franche Comté.

A 10h00 lundi, Météo-France avait levé la vigilance orange pour vents forts dans neuf départements de l'Ouest, et la maintenait pour 14 autres: Aube (10), Eure (27), Eure-et-Loir (28), Loiret (45), Marne (51), Paris (75), Seine-Maritime (76), Seine-et-Marne (77), Yvelines (78), Yonne (89), Essonne (91), Hauts-de-Seine (92), Seine-Saint-Denis (93) et Val-de-Marne (94).

- Neige dans le Massif Central -

Après une douceur très exceptionnelle pour un mois de janvier, la France connaît donc les prémices d'un véritable refroidissement, avec 1 à 5 degrés de minimales en général lundi.

"On a un refroidissement après avoir connu depuis le 20 décembre jusqu'à mi-janvier une période de grande douceur", selon M. Long. "En moyenne, sur la France, c'est un record de douceur hivernal pour cette période, plus de 1°C au-dessus du record précédent", précise-t-il.

"Là, on passe sous un flux de Nord-Ouest, avec de l'air qui vient de l'Arctique, et on va avoir un froid plus marqué à partir de mercredi", annonce le prévisionniste.

Tandis qu'une autre tempête, Fien, arrive dans le Sud-Ouest depuis l'Espagne dès mardi.

La perturbation des prochains jours "va donner surtout de la pluie en plaine, mais ensuite elle pourra donner de la neige, y compris en Ile-de-France et en Normandie", selon M. Long. Il est toutefois trop tôt pour savoir si les températures au sol seront assez froides pour que le manteau neigeux se maintienne.

D'ores et déjà, les chutes de neige qui ont débuté lundi matin sur le massif central, prévues pour tenir au sol à partir de 600 à 800 m d'altitude, ont justifié une vigilance orange pour neige-verglas sur le Cantal et la Lozère.

Ces prochains jours, la neige est attendue en quantité et à basse altitude sur la plupart des massifs, en particulier le sud du Massif Central où les chutes de neige ont déjà commencé et sur les Alpes dès 600 à 800 m, de 1.000 à 1.200 m sur les Pyrénées, et 500 m sur les Vosges et le Jura.

Dans le Nord-Est, de la neige est également attendue sur les premiers plateaux dès 300 à 400 m.

Pour la journée de mardi, les vents forts sont attendus cette fois sur le Sud-Ouest en début de journée. "Au vu de l'incertitude, il n'est pas exclu une montée de vigilance ultérieure de l'Ile-de-France aux frontières du Nord-Est", met toutefois en garde le service météorologique national.

Mardi, la Corse-du-Sud sera, elle, en vigilance orange pour des risques de vagues-submersion.

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