Vente d’armes à la Russie : le “jeu dangereux” de l’Afrique du Sud

PHOTO RAJESH JANTILAL/AFP

Interrogée récemment par l’un des leaders de l’opposition dans une question écrite au gouvernement le 26 octobre, Thandi Modise, la ministre de la Défense sud-africaine, n’a pas été en mesure d’apporter une réponse claire sur d’éventuelles ventes d’armes à la Russie. Dans le respect du cadre légal, l’agence sud-africaine responsable des contrats d’armement, Armscor, serait autorisée, de “temps en temps”, à tirer parti “de possibilités commerciales” avec différents pays soumis à des traités internationaux, “y compris la Russie”. Des “possibilités” soumises au secret-défense au nom de la sécurité nationale, a ajouté la ministre.

L’étrange réponse de la ministre a interpellé deux responsables de la Brenthurst Foundation, un think tank sud-africain. Si l’Afrique du Sud vendait des armes à la Russie, “cela [la] rendrait complice d’une guerre injuste”, écrivent Greg Mills et Ray Hartley dans une tribune publiée par le Daily Maverick. Cela mettrait également à mal l’officielle “neutralité” du pays face à la guerre en Ukraine. Au début de l’invasion, l’Afrique du Sud s’était abstenue lors du vote d’une résolution de l’Assemblée générale des Nations unies “exigeant que la Russie cesse immédiatement de recourir à la force contre l’Ukraine”.

Techniquement, Armscor est soumise au respect de certaines règles qui devraient exclure le commerce d’armes ou de technologies militaires avec la Russie. Elle n’a par exemple pas le droit d’être en affaires avec des pays “impliqués dans des violations systématiques des droits de l’homme et des libertés fondamentales”, rappellent les auteurs.

“Ce qui est remarquable dans la réponse de Thandi Modise, c’est sa réticence à répondre simplement ‘non’, ce qui aurait mis fin à la discussion et donné un peu de légitimité à la prétendue ‘neutralité’ de l’Afrique du Sud face au conflit [en Ukraine].”

À l’inverse, le flou entretient la “possibilité que l’Afrique du Sud aide effectivement l’armée russe d’une manière ou d’une autre” ou “qu’elle le souhaite”, poursuivent les auteurs.

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