Venezuela: le principal service de télévision par satellite, DirecTV, suspendu

Au Venezuela, le principal service de télévision par satellite DirecTV a été suspendu ce mardi 19 mai. Son propriétaire, l’entreprise américaine AT&T a décidé de couper le service sous la pression conjuguée des sanctions américaines et du gouvernement vénézuélien.

De notre correspondant à Caracas, Benjamin Delille

Pour les Vénézuéliens, dont un tiers avait accès à DirecTV, c’est un coup dur, surtout en pleine pandémie de coronavirus, alors que la télévision représentait l’un des derniers luxes qu’ils pouvaient s’offrir. Les concerts de casseroles se sont, donc, fait entendre partout au Venezuela ce mardi 19 mai avec une rare intensité. De quoi mesurer l’ampleur du mécontentement après la fermeture de DirecTV, en particulier dans les quartiers populaires, où les antennes de télévision sont légions.

« Imaginez-vous une quarantaine sans télévision, sans accès à l’information… et puis les enfants, qui sont stressés, qui pleurent, n’ont même plus accès à leurs programmes. Car ce qu’il reste avec la télévision nationale, ça ne parle que de la politique du gouvernement, ce n’est pas pour les enfants », dit Hilda, une habitante de l'un de ces quartiers.

AT&T assurait toujours son service

Malgré les sanctions de Washington, AT&T avait toujours le droit d’assurer son service au Venezuela. La seule restriction était de supprimer de sa grille les chaînes pro-gouvernementales Globovision et PDVSA TV, elles-mêmes visées par le département d’État Américain.

Et c’est justement ce qui a posé problème selon Alberto Ravell, ancien PDG de Globovision aujourd’hui exilé. « La dictature a prévenu que si le signal de Globovision et de PDVSA TV était coupé, DirecTV serait interdit au Venezuela et ses directeurs arrêtés. C’est pour ça qu’AT&T a dû se retirer, parce qu’une entreprise nord-américaine ne peut pas négocier avec le régime », explique-t-il.

À l’inverse, le gouvernement assure être dans son bon droit et accuse les États-Unis de vouloir censurer les chaînes qui ne lui sont pas favorables. En attendant, ce sont une fois de plus les Vénézuéliens qui paient le prix fort.