Venezuela: l'opposition demande le soutien de la communauté internationale

La leader de l'opposition Maria Corina Machado (g), déclarée inéligible à la présidentielle vénézuélienne, et sa remplaçante Corina yoris (d), lors d'une conférence de presse à Caracas, le 22 mars 2024 (Federico Parra)
La leader de l'opposition Maria Corina Machado (g), déclarée inéligible à la présidentielle vénézuélienne, et sa remplaçante Corina yoris (d), lors d'une conférence de presse à Caracas, le 22 mars 2024 (Federico Parra)

La leader de l'opposition au Venezuela, Maria Corina Machado, déclarée inéligible à la présidentielle du 28 juillet, a demandé vendredi le soutien de la communauté internationale pour obtenir l'inscription comme candidate de Corina Yoris, qu'elle a désigné pour la remplacer.

"J'appelle les dirigeants démocratiques du monde à se joindre aux efforts des présidents et des gouvernements pour exiger que le régime de (Nicolas) Maduro permette l'inscription de Corina Yoris", a déclaré Mme Machado sur X.

"Je remercie les présidents Emmanuel Macron, Luiz Inacio Lula et Gustavo Petro pour les positions qu'ils ont prises ces dernières heures et qui réaffirment que notre lutte est juste et démocratique", ajoute-t-elle.

Vainqueure de la primaire de l'opposition mais déclarée inéligible, Maria Corina Machado avait désigné pour la remplacer une novice en politique, Corina Yoris, universitaire de 80 ans.

Mais celle-ci n'a pu être inscrite, sans que le Conseil national électoral (CNE) ne donne d'explication, avant que soit acceptée finalement la candidature "provisoire" d'Edmundo Gonzalez Urrutia, un ancien ambassadeur et politologue.

Beaucoup soupçonnent le CNE d'avoir sciemment bloqué son enregistrement.

Jeudi, lors d'une conférence de presse conjointe à Brasilia, le président français Emmanuel Macron et son homologue brésilien Luiz Inacio Lula da Silva ont durement critiqué cette exclusion.

"Nous condamnons très fermement l'exclusion d'une candidate sérieuse et crédible de ce processus", a déclaré M. Macron, à l'issue d'une visite officielle de trois jours au Brésil.

"Nous appelons à sa réintégration et j'espère vivement qu'on pourra avoir un cadre ainsi rebâti dans les prochaines semaines, prochains mois. Il ne faut pas aujourd'hui désespérer (...) mais la situation est grave et elle s'est dégradée par cette décision qui a été prise", a-t-il ajouté.

Lula a pour sa part jugé "grave" que Corina Yoris n'ait pas pu s'inscrire au scrutin en tant que candidate d'opposition au président vénézuélien Nicolas Maduro, au pouvoir depuis onze ans.

"Il n'y a pas d'explication juridique ni politique au fait d'interdire à un adversaire d'être candidat", a estimé le président de gauche.

Les critiques ont fait écho jeudi à Washington. "Les Etats-Unis ne sont pas les seuls à être profondément inquiets, nos partenaires régionaux partagent cette inquiétude", a déclaré Matthew Miller, porte-parole du département d'Etat, appelant à la réalisation d'élections "libres et justes".

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