Venezuela : Leopoldo Lopez, prisonnier politique de nouveau en isolement

Caracas, à une époque, l’une des villes les plus riches du monde, est aujourd’hui dans un triste état. Le pays subit l’une des inflations les plus élevées de la planète et le gouvernement a décidé de reporter le référendum contre Nicolas Maduro, et même les élections, officiellement pour éviter les turbulences. La vérité est que le président chaviste Nicolas Maduro ne veut pas lâcher le pouvoir.

Parmi les leaders de l’opposition, que Maduro ne peut faire taire, il y a Leopoldo Lopez, du parti de centre-gauche, Volonté populaire. Accusé d‘être l’instigateur de violences qui avaient fait trois morts à Caracas lors des manifestations étudiantes en février 2014, l’opposant a été condamné en septembre 2015 à treize ans de prison. Des images diffusées à l‘époque montraient pourtant que c’est un agent de l’Etat qui avait causé ces morts. L’ONG Human Rights Watch avait qualifié son procès de “farce”.

Il y a maintenant plus de trois ans qu’il est emprisonné. Leopoldo a été maire de Chacao pendant huit ans, en 2008, il voulait briguer la mairie de Caracas, et à en croire des sondages, sa popularité rivalisait alors dans la capitale avec celle du charismatique président Hugo Chavez.

Notre reporter a rencontré sa femme en route pour la prison. Lilian Tintori est la porte-voix de Leopoldo, elle voyage autour du monde pour raconter ce qui se passe au Venezuela. Elle a récemment rencontré Donald Trump. A son retour, le régime vénézuélien l’a puni en l’empêchant de rendre visite à son mari.

Chaque semaine, elle fait pourtant le voyage pour la prison de haute sécurité, Ramo Verde :

“_Depuis trois ans, Leopoldo, mon mari, est emprisonné. Pendant un an, il a été détenu seul au 4e étage d’une tour. Avec personne à qui parler. Et chaque jour passé en détention est pire. Un temps, il a été autorisé à lire, mais plus maintenant.

Il avait aussi été autorisé à dessiner et à écrire, mais, aujourd’hui, on ne lui permet même plus d‘écrire une lettre. Il n’a jamais eu de correspondance privée, un autre droit de base. Leopoldo ne peut pas communiquer avec sa famille par téléphone. Pas même un SMS. C’est le seul détenu privé de ce droit au Venezuela. Il ne peut pas communiquer avec sa famille, ses enfants._”

Dans la voiture, elle nous fait réécouter un ancien message. Le voyage de deux heures s’avèrera inutile.

“Aujourd’hui, c’est le douzième jour d’isolement, d’isolement et de torture. Et ici, à l’entrée de la prison militaire, nous sommes encore harcelés par les militaires parce que nous sommes enregistrés, ce responsable enregistre, il filme avec son téléphone portable tout ce que nous faisons devant cette porte. Nous demandons simplement le droit de voir Leopoldo.“

Amnesty International considère Leopoldo Lopez comme l’un des 120 prisonniers politiques du régime actuel.

Et notre reporter Alberto De Filippis de conclure : “Leopoldo Lopez est l’ennemi numéro un du régime chaviste. Pour certains, c’est une sorte de Nelson Mandela local. Pour beaucoup d’autres, il est le prochain président du pays.“

#Venezuela Solidarity with political prisoner Leopoldo López. 13 days isolated from family and his lawyer. #HUMANRIGHTS CBCAlerts amnesty pic.twitter.com/xZIwiW4S8Y— Michael Welling (@WellingMichael) 7 mars 2017

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