Venezuela: décès en prison du général Baduel, ancien ministre de Chavez devenu opposant

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Le général Raúl Baduel, 66 ans, un des plus célèbres prisonniers politiques vénézuéliens, qui fut un ministre et un allié de l'ancien président Hugo Chávez, est décédé mardi en prison du Covid-19, a annoncé le procureur général vénézuélien sur Twitter.

Le général Baduel, 66 ans, était un vieux compagnon de route de Hugo Chávez. En 1982, ce camarade de promotion du futur président faisait partie du groupe des quatre qui avait prêté serment à Samán de Güere (État d'Aragua), promettant d'instaurer « une démocratie solide et profonde, avec une attention spéciale aux moins favorisés ». En 1992, il est encore à ses côtés dans le coup d'État manqué pour destituer Carlos Andrés Pérez.

Vingt ans plus tard, en 2002, il l'aide à reprendre le pouvoir au palais de Miraflores lors d'une tentative de coup d'État. Alors commandant de brigade basé à Maracay (à 200 km à l'ouest de Caracas), il avait annoncé son attachement à la Constitution et permis à Hugo Chávez, qui était aux mains des putschistes, de reprendre le pouvoir.

Puis vint la disgrâce

Promu général en chef des Forces armées en 2004, avant d'être nommé ministre de la Défense, il tombe ensuite en disgrâce, notamment parce qu'il prend position contre la réforme de la Constitution, en 2007, qui permet au président de se représenter de façon illimitée. Il devient alors l'une des bêtes noires du chef de l'État, dont il dénonce la dérive autoritaire. Il est emprisonné en avril 2009 pour corruption à la prison militaire de Ramo Verde, à une trentaine de kilomètres de Caracas.

Condamné à sept ans et onze mois de prison pour malversation, il ne bénéficiera d'une mesure d'aménagement de sa peine qu'en août 2015. Libéré en conditionnelle cette année-là, il est de nouveau arrêté en 2017, accusé cette fois de complot, à la veille de la fin officielle de sa peine. Il est dégradé et rayé des cadres de l'armée. En juin 2019, les autorités vénézuéliennes l'accusent d'être le cerveau d'une tentative de coup d'État contre Nicolás Maduro. Plusieurs hauts gradés de l'armée sont arrêtés.

Mort au fond du trou

Raúl Baduel était le plus haut gradé de l'armée vénézuélienne à croupir en prison. Incarcéré un temps dans La Tombe, une « prison blanche », en isolement total sans lumière naturelle au quatrième sous-sol du bâtiment de la police politique, à Caracas, il avait récemment été transféré dans une cellule de l'Helicoïde, la sinistre prison des services de renseignement.

Ses proches expliquent avoir appris sa mort par un tweet du procureur général, après avoir demandé, en vain, des informations sur son état de santé. La mort de Raúl Isaías Baduel « porte à dix le nombre de prisonniers politiques morts en détention », précise l'avocat Gonzalo Himiob, de l'ONG Foro Penal, spécialiste des droits humains. Plusieurs ONG demandent au gouvernement de clarifier les zones d'ombre autour du décès de M. Baduel, que Caracas dit « regretter ».

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