Publicité

Venezuela: appel à annuler l'inéligibilité de la principale opposante

Le chef de la délégation de l'opposition chargé du dialogue avec le gouvernement du Venezuela, Gerardo Blyde, lors d'une conférence de presse à Caracas le 27 janvier 2024 (Federico Parra)
Le chef de la délégation de l'opposition chargé du dialogue avec le gouvernement du Venezuela, Gerardo Blyde, lors d'une conférence de presse à Caracas le 27 janvier 2024 (Federico Parra)

L'opposition vénézuélienne a exigé samedi que la Cour suprême revienne sur sa confirmation de la mise hors course de sa candidate à la présidence, Maria Corina Machado, condamnée à 15 ans d'inéligibilité, une demande également relayée par Washington qui a menacé de rétablir des sanctions contre le pays.

"Nous demandons que cette décision soit annulée parce que la procédure a été violée", a déclaré à la presse le chef de la délégation de l'opposition dans le processus de dialogue avec le gouvernement, Gerardo Blyde, dénonçant "un procès sommaire".

"Il y a eu violation de la procédure régulière et violation du droit à la défense", a poursuivi M. Blyde, avocat de profession, dénonçant le caractère "discrétionnaire" de la procédure.

La Cour suprême du Venezuela a confirmé vendredi l'inéligibilité "pour 15 ans" de Maria Corina Machado, 56 ans, qui a remporté haut la main la primaire de l'opposition vénézuélienne en vue de la présidentielle de 2024, dont la date précise n'a pas encore été fixée.

Mme Machado contestait son inéligibilité décidée notamment pour "trahison" après qu'elle eut soutenu les sanctions américaines contre le gouvernement chaviste de Nicolas Maduro.

L'appel devant la Cour suprême avait été obtenu grâce à la pression des Etats-Unis, lors d'un processus de négociation sous médiation norvégienne.

"Nous sommes en train de préparer une plainte écrite qui sera envoyée aux Norvégiens et aux pays qui accompagnent le processus, dans laquelle nous dénonçons la violation de l'accord", a ajouté M. Blyde, qui a toutefois précisé que l'opposition "n'a pas quitté la table" de négociations.

Un accord signé à la Barbade en octobre 2023 avait ouvert la possibilité pour ceux "aspirant à se présenter" à la présidentielle de 2024, de contester leur inéligibilité.

En contrepartie, les Etats-Unis ont allégé l'embargo sur le pétrole, le gaz et l'or vénézuéliens. Après le rejet de l'appel de Mme Machado, ils ont déclaré envisager des sanctions.

Le porte-parole du gouvernement dans le dialogue, Hector Rodríguez, a réagi samedi en jugeant les sanctions américaines "illégales et politiquement inutiles".

De nombreux observateurs estiment que Mme Machado, une libérale réputée pour sa combativité, peut être capable de rallier derrière elle une opposition souvent divisée par le passé face à Nicolas Maduro, qui selon toute probabilité briguera un troisième mandat présidentiel.

ba/mel/ial/cls/phs