Vendredi 13: au fait, pourquoi est-on superstitieux?

Le vendredi 13 est l'objet de nombreuses superstitions. - Flickr - CC Commons - studio curve
Le vendredi 13 est l'objet de nombreuses superstitions. - Flickr - CC Commons - studio curve

C'est ce vendredi que tombe le seul et unique vendredi 13 de l'année 2022. Et comme chaque année, cette journée ne va pas sans son lot de superstitions: certains sont persuadés qu'ils vont gagner le gros lot, pendant que d'autres vont avoir peur de sortir de chez eux. En tout cas, que ce jour soit synonyme de malchance ou de grand bonheur, il a le mérite de ne pas laisser indifférent.

Une étude de l'Ifop, réalisée du 28 au 29 avril 2022 révèle d'ailleurs que si les Français ne sont que 3 sur 10 à se décrire comme superstitieux, celle-ci revêt tout de même une importance particulière dans leurs vies. Trèfle à 4 feuilles, brin de muguet, toucher du bois... Près de 7 Français sur 10 (69%) croient à au moins un signe porte bonheur. Et 43% des 25-34 ans affirment même attribuer une importance particulière au chiffre 13.

"Loin d’être le phénomène obscur et marginal que l’on pourrait imaginer, la croyance dans le paranormal et le superstitieux constitue un phénomène majoritaire en hausse constante dans la population, et les résultats de cette étude en sont l’illustration", explique dans cette étude Louise Jussian, chargée d’études "Politique et actualité" à l’Ifop, après cette étude commanditée par Esteban-Frederic.fr.

"L'imprévisible est difficile à supporter"

Mais pourquoi est-on aussi superstitieux?

"On est supersititieux parce que l'imprévisible est difficile à supporter", explique à BFMTV.com François Martin-Vallas, psychiatre et chercheur associé à l’Université Lyon 2. "C'est un moyen, pour nous, de croire que l'on peut prévoir les choses, que les choses ont du sens. On donne nous-même du sens à ce qui semblerait ne pas en avoir, on en met là où on n'en voit pas".

Se raccrocher à des superstitions, "c'est une façon de se rassurer, de gérer ses peurs", confirme à BFMTV.com Christine Chiquet, psychothérapeute à Paris, et présidente de la Fédération Française de Psychothérapie et Psychanalyse. "C'est anxiolityque. Ça nous donne le sentiment de retrouver une certaine maîtrise sur les choses qui nous entourent. On brandit la superstition comme une protection contre ce qui risque de nous arriver ou pas. En fait, c'est l'enfant en nous qui a besoin de ça pour se rassurer".

"L'être humain a toujours eu besoin de maîtriser ce qui l'entoure. Ça fait pleinement partie de notre humanité et c'est la raison pour laquelle cela remonte à si loin. C'est quelque chose de très ancien. Toujours, l'Homme a établi des règles tacites ou pas à faire ou à ne pas faire pour rester en sécurité", poursuit la psychothérapeute.

"Un système de croyance très simple à mettre en place"

"Ça fait partie des systèmes de croyance de l'être humain. On a besoin d'eux pour arriver à vivre, pour garder une espèce d'équilibre", ajoute-t-elle. "Sauf que le propre de la superstition, c'est que ses règles sont très simples à mettre en place et à appliquer, contrairement à tout ce qui est du domaine de la croyance religieuse" où il s'agit de véritables contraintes ou règles de vie.

"Si je fais telle chose, alors il va forcément se passer telle autre chose; si je ne passe pas sous l'échelle, il ne va rien m'arriver de mal; si je trouve un trèfle à quatre feuilles, alors ça veut dire qu'il va m'arriver des choses positives dans la foulée".

"Ces petites règles simples nous font à la fois sourire car elles font la légéreté de la superstition, mais aussi sa force car c'est précisément la raison pour laquelle elle s'inscrit dans nos vies, et perdure autant. Avec la superstition, on a pas besoin de se poser de questions. Sans être complètement dupes, c'est quelque chose qui nous aide à vivre".

En effet, la supersitition liée au vendredi 13 a plusieurs origines, nous rappelle Wikipedia. "L'origine la plus connue est liée au christianisme: dans la Bible, Jésus fut crucifié un vendredi. La veille au soir, pour son dernier repas, la Cène, il convie ses douze apôtres, ce qui fait treize participants. C'est aussi dans la mythologie nordique que l'on croise de nouveau ce nombre: au banquet d'Odin, à la mort de la divinité Balder".

Article original publié sur BFMTV.com

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