Le Vendée Globe édition 2020 a largué les amarres

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Les skippers du Vendée Globe ont attaqué dimanche leur tour du monde en solitaire et sans escale. Le départ de cette neuvième édition depuis la création de cette course en 1989 a été donné aux Sables-d'Olonne, sans public par précaution sanitaire.

Les 33 skippers qui vont défier les mers du globe pour la neuvième édition du Vendée Globe ont pris le départ de cette course mythique en solitaire et sans escale dimanche 8 novembre dans une ambiance inédite, marquée par le huis clos et les prouesses technologiques. Initialement prévu à 13h02, il a été retardé à 14h20, en raison du brouillard.

"Il va falloir être ultra concentré parce que sur un départ comme ça, trente-trois bateaux, il y a forcément plein de petites erreurs, de petits contacts qui peuvent avoir lieu et il va falloir sortir une prestation parfaite pour ne pas avoir d'ennuis sur le départ", expliquait Jérémie Beyou (Charal), l'un des favoris, avant de s'élancer.

L'heure était effectivement à la concentration pour les marins qui préparent depuis de longs mois ce tour du monde, même si la fête populaire qui marque habituellement la sortie du chenal des Sables-d'Olonne n'a pas eu lieu en raison du confinement.

"Ça rajoute énormément de majesté à ce départ finalement, le fait qu'il soit complètement vide, ça va être hyper silencieux, ça raconte quelque chose", anticipait samedi Fabrice Amedeo (Newrest - Art & Fenêtres) qui, comme tous les autres concurrents, a été testé négatif au Covid-19 lors d'un ultime test réalisé la veille.

Météo clémente au départ

Les skippers, qui ont respecté un confinement strict, bénéficieront d'une météo clémente avec un vent de sud-est pour démarrer cette aventure sportive et humaine bouclée en 74 jours il y a quatre ans par Armel Le Cléac'h.

"Le Vendée Globe vous permet d'explorer le potentiel que vous avez et c'est ce qui est génial, on s'aperçoit que l'être humain a un potentiel extraordinaire", souligne la navigatrice Catherine Chabaud qui a participé en 1996 et 2000 à cette course marquante pour "l'intensité" des émotions ressenties ou encore la beauté des "nuits étoilées dans l'hémisphère sud".

Parmi les 33 sportifs qui s'élancent, les profils sont variés : avec six femmes ; un doyen, Jean Le Cam (Yes We Cam !), qui participe à 61 ans pour la cinquième fois à la course ; un skipper handisport né sans main gauche, Damien Seguin (Apicil) ; et un groupe de favoris embarquant sur des bateaux flambants neufs dotés de "foils" qui les propulsent à près de 40 nœuds (74 km/h).

"La vie sur ces bateaux est peut-être encore plus lamentable que sur les nôtres parce qu'ils cognent les vagues tellement fort, ils vont si vite, ces hommes et femmes sont vraiment des durs", a estimé Ari Huusela (Stark), concurrent finlandais qui possède un bateau plus ancien.

Avec Jérémie Beyou, le Britannique Alex Thomson (Hugo Boss) est très attendu sur cette édition après être monté sur le podium deux fois de suite (2e en 2016 et 3e en 2012).

Son bateau rose et noir attire l'œil avec son cockpit entièrement fermé pour le protéger du mauvais temps. Tout aussi innovant, ceux de Charlie Dalin (Apivia), Armel Tripon (L'Occitane en Provence), Thomas Ruyant (LinkedOut), Nicolas Troussel (Corum L'Epargne) ou encore Sébastien Simon (Arkéa-Paprec).

"Enormément d'incertitudes"

Le couple formé à la ville par Samantha Davies (Initiatives-Cœur) et Romain Attanasio (PURE-Best-Western) fascine, puisque les deux prennent le départ, mais chacun sur son bateau.

"On a laissé notre fils de 9 ans à l'école jeudi matin et puis on est partis aux Sables et après, ce sont les grands-parents qui prennent le relais", raconte Romain Attanasio.

Avec la pandémie qui "a fait moins naviguer tout le monde" et les inconnues autour de la technologie des foils, il y a "énormément d'incertitudes" sur le palmarès, souligne Fabrice Amedeo, alors qu'à chaque édition les abandons sont nombreux.

"Le fait de pouvoir faire le tour du monde, c'est tellement à contre-courant de tout ce qui nous arrive en ce moment, je pense qu'on est encore plus privilégiés", insiste pour sa part Clarisse Crémer, la plus jeune des participantes de 30 ans [le plus jeune des skippers étant le Suisse Alan Roura, 27 ans], rappelant que les concurrents traverseront des zones "où on ne peut pas venir nous chercher ou alors de façon très compliquée".

Avec AFP