Le Vendée Globe et ses bolides des mers s'en vont en catimini

Sabine COLPART, Fanny ANDRE
·3 min de lecture
Les 33 concurrents du Vendée Globe larquent les amarres au départ des Sables-d'Olonne, le 8 novembre 2020

Le Vendée Globe et ses bolides des mers s'en vont en catimini

Les 33 concurrents du Vendée Globe larquent les amarres au départ des Sables-d'Olonne, le 8 novembre 2020

Trente-trois skippers dont une partie va voler autant que naviguer à bord de bolides des mers de nouvelle génération équipés de foils: le Vendée Globe, la course mythique en solitaire et sans escale, a débuté dimanche aux Sables d'Olonne.

Après trois heures de course, les grands favoris sont déjà dans le trio de tête: Jérémie Beyou (Charal) mène la danse suivi de très près par Charlie Dalin (Apivia) et du Gallois Alex Thomson (Hugo Boss), tous trois à bord de bateaux +volants+ de dernière génération. Et une pénalité de 5 heures a été infligée à Louis Burton (Bureau Vallée 2) pour faux départ. 

Le départ avait été retardé de plus d'une heure en raison du fort brouillard tombé comme une chape sur la côte vendéenne, qui ne permettait pas aux organisateurs de voir le bout de la ligne, longue de deux kilomètres. 

Les solitaires de neuf nationalités différentes, dont six femmes, ont coupé la ligne au signal sonore à 14H20, sans la noria de bateaux de supporteurs qui les accompagnent traditionnellement sur les premiers milles nautiques.

- 'Cocktail bizarre' -

"J'ai du mal à réaliser que je prends le départ du Vendée Globe, a confié la néophyte Clarisse Crémer (Banque Populaire X). Il y a un peu d'émotions, un peu de peur. C'est un cocktail bizarre. Je me demande à quel moment je vais chialer !"

Certains, comme Maxime Sorel (V AND B – Mayenne) ou encore Benjamin Dutreux (Omia - Water Family), n'ont pas pu contenir leur émotion en descendant la passerelle les menant à leur bateau, encore amarré au ponton de Port Olonna. 

"Ca fait longtemps que j'attends ça. Ce n'est pas le Vendée Globe que j'avais rêvé, surtout quand on vit son premier mais il y a des choses bien plus graves", a relativisé le Sablais Sébastien Simon (Arkéa Praprec).

"Les vingt-quatre premières heures sont idéales, on va pouvoir jouer un peu, ça va être une course de vitesse. Je redoute plus la dépression de mardi qui va faire du tri dans la flotte", a prévenu le navigateur, lui aussi parmi les favoris avec son 'foiler', un bateau +volant+.

Equipés de 'foils' - de grands appendices latéraux permettant de réduire au minimum les contacts de la coque avec l'eau pour faire filer le bateau à des vitesses phénoménales de près de 75 km/h -, les voiliers +volants+ sont au nombre de huit sur cette édition. Ils visent à parcourir les 44.996,2 kilomètres théoriques (24.296 milles nautiques) en quelque 70 jours.

- Incertitude -

Une incertitude demeure quant à leur fiabilité dans des conditions extrêmes de grosse mer, incertitudes à laquelle ce Vendée Globe devrait permettre de répondre.

Thomas Ruyant (Linkedout), Nicolas Troussel (Corum L'Epargne) et Armel Tripon (L'Occitane en Provence) complètent cette flotte.

Alors que toutes les éditions du Vendée Globe ont été remportées par un Français, Thomson compte bien entrer dans l'histoire.

Parmi les 33 skippers qui s'élancent, Jean Le Cam (Yes We Cam!) fait figure de doyen à 61 ans pour sa cinquième participation (2e en 2005). S'est également aligné un skipper handisport né sans main gauche, Damien Seguin (Apicil).

Le couple formé par Samantha Davies (Initiatives-Coeur) et Romain Attanasio (PURE-Best-Western) prend le départ chacun sur son bateau.

"Ce n'est pas tous les matins que tu te réveilles" en te disant "aujourd'hui je vais faire le tour du monde. Ca fait bizarre quand même", a dit l'Anglaise Sam Davies, qui pourrait être la première femme depuis Ellen MacArthur en 2000/2001 à monter sur le podium.

Le vainqueur est attendu autour de mi-janvier. Le record à battre est de 74 jours (Armel Le Cléac'h/Banque Populaire en 2016/2017), quand le premier lauréat de cette compétition, Titouan Lamazou avait mis plus de 109 jours, signe de la révolution technologique connue depuis par la voile, dont témoignent aussi les pilotes automatiques. 

Le temps limite est fixé à 163 jours. En moyenne, un bateau sur deux termine la course.

sc-faa/ng/fbx