La Ve République française pourra-t-elle survivre à ce 7 juillet ?

Bien avant qu’aucun résultat ne soit sorti des urnes ce 7 juillet, la presse internationale s’interrogeait déjà gravement : la Ve République survivra-t-elle à la crise politique déclenchée le 9 juin par la dissolution de l’Assemblée nationale décidée par Emmanuel Macron.

El País ramasse cette question qui occupe les commentateurs internationaux, observateurs étonnés de la vie politique française. “La France est confrontée, quel que soit le résultat, à une autre question. Comment en est-on arrivé à ce point qui conduit la France, quel que soit le vainqueur, à une situation inédite dans le régime constitutionnel de la Ve République ? ” écrit ainsi le correspondant du quotidien espagnol, Marc Bassets.

Le crépuscule de la Ve République ?

De son côté, Europorter pose directement la question : assistons-nous au “crépuscule de la Ve République ? ” alors que cette dernière avait su montrer ses capacités d’adaptation au cours depuis le 4 octobre 1958. Pour le titre européen, c’est là la réelle ampleur du pari d’Emmanuel Macron :

“Il n’a pas seulement misé tout son argent – sa présidence et son héritage – sur l’issue d’élections législatives qu’il n’a pas eu à convoquer, il a parié la Ve République elle-même.”

Même étonnement, ce lancinant “Comment en est-on arrivé là ? ”, du côté de Robert Tombs dans les colonnes du Telegraph. Selon ce professeur émérite d’histoire de France au St John’s College de Cambridge, le geste de dissolution décidé à la surprise générale, après la victoire du Rassemblement national aux élections européennes, a révélé “la fragilité d’un système” politique qui “s’est appuyé sur des facteurs historiques pour survivre”.

Et pour l’universitaire britannique, la Ve République française pourrait ne pas survivre” après “le pari imprudent” d’Emmanuel Macron. Ce dernier, qui souhaitait “clarifier” la situation, risque au contraire de la brouiller un peu plus.

Une Constitution taillée pour de Gaulle et contre l’instabilité parlementaire

La France, rappelle Robert Tombs, a pourtant connu une instabilité institutionnelle : depuis 1789, le pays a traversé trois monarchies, deux empires, cinq républiques et 15 Constitutions. Bien loin de la légendaire stabilité constitutionnelle britannique laquelle peut se targuer d’une Constitution qui depuis 1688 a su évoluer, mais n’a jamais pris fin. Et depuis, la vie institutionnelle française a balancé entre “la lutte incessante entre la liberté et l’ordre”, qui se traduisait par une alternance du pouvoir entre la gauche et la droite.

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