Il vaut mieux voter Fillon que gagner (et déchanter) avec Macron

Michaël Miguères
Il vaut mieux voter Fillon que gagner (et déchanter) avec Macron

Rarement la chance n'aura semblé joué autant à sens unique pour un candidat. Tout sourit à Macron ces dernières années: les nominations, l'intérêt des médias, les faveurs de cour des puissants, la chute ou les renoncements de ses concurrents, et des soutiens provenant de toute part, des communistes aux libéraux en passant par des personnes aux convictions religieuses radicales et "pas Charlie".

Et pourtant, les critères qui ont amené avec une rapidité inouïe Macron au sommet de la popularité sont-ils ceux qui déterminent le choix d'un bon ou d'un mauvais Président? La leçon du mauvais choix de la présidentielle de 2012 a-t-elle été retenue? Certes il compte beaucoup de soutiens, mais rares sont ceux qui ne soutenaient pas François Hollande en 2012. Des boussoles peu rassurantes pour l'avenir d'un pays affaibli et en proie à toutes les difficultés, à tous les dangers, à toutes les menaces.

Difficile de ne pas avoir ressenti une gêne quant au bon fonctionnement de notre exercice démocratique lorsqu'un journal de 20h de TF1 accorda à Macron un focus de trente minutes pour lui seul.

Les conditions de son ascension ne peuvent que gêner le citoyen épris d'égalité, qui ne comprenait pas les couvertures de la moindre de ses paroles ou de ses gestes, comme celle d'un discours bien curieux sur Jeanne d'Arc, en dehors de son champ ministériel dédié à l'économie. Cela dans un silence complice de journalistes qui avaient déserté leur rôle de filtre savant, oubliant de rappeler le Ministre de l'Economie à ses résultats médiocres et de le mettre face à ses responsabilités dans ses missions gouvernementales, pour commenter le "phénomène" Macron. Difficile également de ne pas avoir ressenti une gêne quant au bon fonctionnement de notre exercice démocratique lorsqu'un journal de 20h de TF1 lui accorda un focus de trente minutes pour lui seul -record absolu pour un politique- pour ne rien annoncer, ni mesure, ni ambition, ni proposition, si ce n'est de prolonger une ambiguïté...

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