"Tu vas la fermer!": après l'invective d'Olivier Serva, Renaissance s'en remettra au choix de l'Assemblée

Aurore Bergé le 3 octobre 2022 à l'Assemblée nationale. - Alain Jocard / AFP
Aurore Bergé le 3 octobre 2022 à l'Assemblée nationale. - Alain Jocard / AFP

Pas question de laisser passer. Après une très houleuse séance ce jeudi soir dans l'hémicycle, Aurore Bergé monte au front pour défendre ses députés et demandera des sanctions le 7 décembre, d'après des informations du Figaro confirmées par BFMTV.com.

Plusieurs altercations ont eu lieu en plein examen de la proposition de loi de La France insoumise sur la réintégration des soignants non-vaccinés.

"Tu vas la fermer", a lancé le député Olivier Serva (LIOT), à un élu de Renaissance, sous les huées de la majorité présidentielle, avant que la présidente de séance Naïma Moutchou n'interrompe les débats.

Du rappel à l'exclusion temporaire

Le député de Guadeloupe a perdu son calme après avoir été interrompu à plusieurs reprises alors qu'il défendait le retour des personnels hospitaliers qui ne sont pas pliés à l'obligation vaccinale.

Olivier Serva avait quitté le groupe macroniste lors de la précédente mandature sur ce désaccord et en avait fait un argument de campagne lors des législatives.

La patronne des députés Renaissance exigera des sanctions lors de la prochaine réunion du bureau, instance où siègent des représentants de tous les groupes politiques. Elles peuvent aller du simple rappel à l'exclusion temporaire, avec retenue sur indemnité, après vote de ses membres.

"On ne peut pas laisser passer les insultes et les intimidations contre les députés", nous assure une collaboratrice du groupe.

Invité de BFMTV ce vendredi, le député de Guadeloupe s'est défendu en parlant d'"un réflexe de langage", expliquant exprimer "une souffrance". Il a dénoncé un "déni de démocratie" de la part de la majorité.

Le cas de Sophia Chikirou évoqué

Aurore Bergé évoquera également le cas de Sophia Chikirou (La France insoumise) qui aurait tenté d'intimider physiquement le parlementaire Denis Masseglia pendant la séance.

"Dans un moment de tension, elle s'est levée de son banc, est venue vers moi comme une furie, s'est penchée et m'a dit 'Viens dehors', le doigt pointé en avant vers mon visage", expliquait ce macroniste hier soir auprès du Figaro.

Cette très proche de Jean-Luc Mélenchon assure de son côté que Denis Massiglia lui a dit "ferme ta gueule" et qu'elle ne l'a "ni menacé ni inviter 'à sortir'" sur son compte Twitter, avant d'effacer ce message puis de le reposter.

Le tacle du député Grégoire de Fournas

"On ne peut pas donner aux Français un spectacle comme celui d'hier. Ça ne peut pas recommencer", assure encore l'entourage d'Aurore Bergé auprès de BFMTV.

Le député Grégoire de Fournas, qui a écopé de la sanction la plus sévère prévue dans le règlement du Palais-Bourbon début novembre, après avoir tenu des propos jugés racistes, ne s'est pas privé d'une petite pique.

"Le plus incroyable c’est que Monsieur Serva a voté mon exclusion au bureau de l’Assemblée Nationale pour avoir 'provoqué le tumulte'", a regretté l'élu sur Twitter.

Article original publié sur BFMTV.com