Variole du singe : comment se transmet-elle ? D’où vient-elle ? Quels sont les symptômes ?

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Particules du virus de la variole du singe agrandies et colorisées. Depuis début mai, plus de 550 cas confirmés d'infection humaine par le virus ont été signalés dans 30 pays. (NIAID), CC BY

Avec un millier de cas signalés dans plusieurs pays, l’infection humaine par le virus de la variole du singe suscite l’intérêt et l’inquiétude en tant que menace de maladie infectieuse émergente, et ce, alors que la pandémie de Covid-19 s’atténue lentement.

Au Québec, en date du 6 juin, 90 cas de variole du singe ont été déclarés.

Qu’est-ce que le virus de la variole du singe ?

La variole du singe fait partie d’un groupe de virus étroitement apparentés au genre Orthopoxvirus, qui comprend la variole, la vaccine de la vache et la variole du chameau. Le virus de la variole du singe a été découvert pour la première fois au cours de l’été 1958. Il se manifestait par une maladie cutanée non mortelle, semblable à la variole, chez des singes en captivité dans un institut de recherche au Danemark.

Le nom de « variole du singe » est inapproprié, car les rongeurs terrestres africains (rats et écureuils)] constituent le réservoir naturel du virus. En revanche, les singes et autres primates ne seraient que des hôtes accidentels.

Lire la suite: Épidémie de variole du singe : ce qu’on doit savoir

Quand la variole du singe a-t-elle été signalée pour la première fois chez l’humain ?

Le premier cas connu d’infection humaine par la variole du singe a été signalé en République démocratique du Congo en 1970, chez un garçon de neuf mois souffrant d’une maladie bénigne ressemblant à la variole.

Depuis lors, des cas humains sporadiques sont apparus dans de nombreux pays d’Afrique centrale et occidentale, les infections étant plus fréquentes chez les enfants et les jeunes adultes. Dans les pays où la variole du singe est endémique (c.-à-d. là où elle est généralement présente), l’augmentation récente des cas serait liée au changement climatique, à la déforestation, aux guerres, à la mobilité accrue de la population et à la diminution de l’immunité collective due à la vaccination contre la variole.

Comment se transmet la variole du singe ?

La transmission survient par contact physique étroit avec des animaux ou des humains, leurs liquides organiques, des gouttelettes contaminées provenant de sécrétions respiratoires ou de lésions cutanées infectées. Elle se fait aussi indirectement par l’intermédiaire de matières contaminées (objets inanimés tels que les draps, les serviettes et les surfaces dures qui peuvent être chargés de particules virales infectieuses). c

Les morsures d’animaux et la consommation de viande représentent des modes de transmission fréquents dans les zones endémiques. Les infections secondaires entre proches non vaccinés surviennent dans environ 12,3 % des contacts familiaux et 3,3 % avec le reste de la population.

Quand la variole du singe a-t-elle été signalée pour la première fois à l’extérieur de l’Afrique ?

<span class="caption">La première éclosion de variole du singe aux États-Unis s’est produite en 2003 lorsque plusieurs personnes ont été infectées après avoir été en contact avec des chiens de prairie domestiqués porteurs du virus.</span> <span class="attribution"><span class="source">(Pixabay)</span></span>
La première éclosion de variole du singe aux États-Unis s’est produite en 2003 lorsque plusieurs personnes ont été infectées après avoir été en contact avec des chiens de prairie domestiqués porteurs du virus. (Pixabay)

La première grappe d’infections humaines liées à la variole du singe en dehors de l’Afrique s’est déclarée aux États-Unis en 2003. Une éclosion touchant 87 enfants et jeunes adultes dans plusieurs États a été attribuée à un contact étroit avec des chiens de prairie infectés acquis comme animaux de compagnie auprès d’un distributeur d’animaux. La source originelle de l’infection s’est avérée être des cricétomes des savanes importés, qui l’ont transmise aux chiens de prairie. Aucun décès humain n’est survenu, bien que trois enfants aient été gravement malades.

Avant 2022, plusieurs cas associés à des voyages avaient été signalés au Royaume-Uni, en Israël, à Singapour et aux États-Unis chez des personnes qui avaient visité le Nigeria.

Que savons-nous de l’éclosion mondiale de variole du singe dans les pays non endémiques ?

Le 7 mai 2022, les autorités de santé publique du Royaume-Uni ont été informées d’un cas importé d’infection humaine par le virus de la variole du singe chez un voyageur revenant du Nigeria. Depuis lors, plus de 550 cas confirmés d’infection humaine ont été signalés au Royaume-Uni et dans 29 autres pays. La fréquence des cas est considérablement plus élevée chez les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes, bien que le virus ne soit pas connu pour être transmis sexuellement.

Quels sont les symptômes de la variole du singe ?

Les manifestations cliniques de l’infection humaine par la variole du singe ressemblent à celles de la variole, mais sont généralement beaucoup plus bénignes. Contrairement à la variole du singe, la variole est une maladie éradiquée ; elle n’a pas de réservoir animal et ne touche généralement pas les ganglions lymphatiques.

La période d’incubation de la variole du singe chez l’humain varie de 4 à 21 jours et est suivie d’une phase de 1 à 5 jours de fièvres, de frissons, de sueurs, de fatigue et de ganglions hypertrophiés et douloureux dans le cou et l’aine.

La phase suivante se caractérise par une éruption en plusieurs étapes qui passe de petites taches cutanées à des papules (petites bosses sur la peau), puis à des vésicules (petites bosses remplies de liquide clair) et enfin à des pustules (petites bosses remplies de pus). Celles-ci se retrouvent surtout sur le visage, les paumes des mains et la plante des pieds. Les pustules disparaissent en formant une cicatrice ou une croûte dans les 2 à 4 semaines qui suivent.

Les personnes exposées peuvent également présenter un mal de gorge, une toux ou une éruption cutanée sur les muqueuses de la bouche.

Quelle est la gravité de l’infection par la variole du singe ?

La maladie est généralement bénigne, bien que des cas graves et mortels puissent survenir. Il existe deux variantes génétiques communes du virus de la variole du singe : la variante centrafricaine et la variante ouest-africaine. Des taux de mortalité de 3,6 % pour la variante ouest-africaine et de 10,6 % pour la variante centrafricaine ont été signalés dans les régions endémiques.

Toutefois, aucun décès n’a été enregistré à ce jour dans les cas signalés en dehors de l’Afrique. Tous les cas confirmés de l’éclosion de 2022 dans les 30 pays non endémiques provenaient de la variante ouest-africaine.

La santé publique a-t-elle d’autres recommandations concernant la variole du singe ?

<span class="caption">Particules colorisées et agrandies du virus de la variole du singe.</span> <span class="attribution"><span class="source">(NIAID)</span>, <a class="link " href="http://creativecommons.org/licenses/by/4.0/" rel="nofollow noopener" target="_blank" data-ylk="slk:CC BY">CC BY</a></span>
Particules colorisées et agrandies du virus de la variole du singe. (NIAID), CC BY

Les personnes infectées par la variole du singe doivent porter des masques chirurgicaux et les lésions cutanées doivent être couvertes jusqu’à leur guérison. Les articles à usage personnel tels que les serviettes et les draps ne doivent pas être partagés. Les surfaces fréquemment touchées doivent être régulièrement désinfectées, les vêtements contaminés doivent être lavés et les contacts avec les membres du foyer et les autres personnes doivent être évités jusqu’à la guérison de la maladie.

Les travailleurs de la santé doivent utiliser des gants, des blouses et une protection respiratoire avec des masques N95 et des écrans faciaux, et maintenir une excellente hygiène des mains lorsqu’ils soignent des patients infectés par la variole du singe. Les patients hospitalisés chez qui la maladie est confirmée ou suspectée doivent rester en isolement avec des précautions contre la transmission par voie aérienne, par gouttelettes et par contact jusqu’à ce qu’ils ne soient plus contagieux.

Le vaccin contre la variole protège-t-il contre la variole du singe ?

Le vaccin antivariolique — administré avant ou après l’exposition à la variole du singe — peut prévenir ou réduire les effets de l’infection humaine par la maladie. Toutefois, des effets indésirables rares, mais graves ont été observés avec les vaccins antivarioliques d’ancienne génération. Un vaccin vivant de nouvelle génération, non réplicatif, est maintenant disponible et est considéré sans danger pour toutes les populations, y compris celles dont le système immunitaire est affaibli.

Le U.S. Centers for Disease Control and Prevention’s Advisory Committee on Immunization Practices recommande une prophylaxie préexposition (vaccination avant l’exposition au virus) avec le vaccin de nouvelle génération pour le personnel de laboratoire effectuant des tests de diagnostic de la variole du singe, ainsi que pour le personnel de santé administrant le vaccin antivariolique ou soignant des patients atteints de la variole du singe. (Son appellation commerciale est Jynneos aux États-Unis, Imvamune au Canada et Imvanex en Europe.)

Au Canada et dans d’autres pays développés, les personnes nées avant 1972 ont probablement été vaccinées contre la variole. Bien que l’immunité consécutive à la vaccination ait tendance à s’affaiblir avec l’âge, l’immunité à vie semble être la norme après la vaccination antivariolique chez des personnes en bonne santé, et l’efficacité de la protection croisée contre la variole du singe serait de 85 %.

La variole du singe sera-t-elle la prochaine pandémie virale ?

L’émergence de maladies infectieuses telles que la variole du singe dans des zones non endémiques a suscité beaucoup d’inquiétude à la lumière de notre expérience avec la Covid-19.

Avant l’éclosion actuelle dans les pays occidentaux, la variole du singe était considérée comme une maladie tropicale négligée. Cependant, la trajectoire de ces cas, associée au schéma de transmission en Afrique, suggère que le virus ne deviendra pas pandémique.

Le taux de reproduction de base (R0), une mesure de la contagiosité virale, où R0 représente le nombre d’infections secondaires transmises à partir d’un seul cas dans une population non immunisée, est de 0,6 à 1,0 pour la variante centrafricaine, et beaucoup plus faible pour la variante ouest-africaine.

En comparaison, le R0 de la variante Omicron du SARS-CoV-2 est d’environ 10, et le R0 de la rougeole varie de 11 à 18. Le R0 de la variante ouest-africaine du virus de la variole du singe pourrait être trop faible pour permettre une transmission de personne à personne en dehors des zones endémiques.

La version originale de cet article a été publiée sur La Conversation, un site d'actualités à but non lucratif dédié au partage d'idées entre experts universitaires et grand public.

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