Variole du singe : séquelles, vaccin, transmission... Le point avec l'un des rares spécialistes de la maladie en France

Brian W.J. Mahy / Centers for Disease Control and Prevention / AFP

Le Dr Benjamin Davido, infectiologue à l'hôpital Raymond-Poincaré de Garches, est l'un des rares médecins en France à prendre en charge les malades atteints de variole du singe. Il fait le point sur l'épidémie en cours pour Sciences et Avenir.

La France compte désormais 16 cas de variole du singe, parmi les 257 cas confirmés hors d'Afrique. Le Dr Benjamin Davido, infectiologue à l'hôpital Raymond-Poincaré de Garches, est l'un des spécialistes français de cette maladie. Il fait partie des rares médecins ayant pris en charge des cas de variole du singe en France. Interview.

Sciences et Avenir : Quels symptômes présentaient les patients qui vous ont été adressés en consultation ? Se sont-ils aperçus rapidement qu'il pouvait s'agir de la variole du singe ?

Dr Benjamin Davido : Les patients ont commencé par présenter une fièvre isolée, c'est-à-dire sans signes de gravité associée. Ce sont les lésions dermatologiques, apparues par la suite, qui ont permis de faire le diagnostic. Des vésicules apparues sur le corps de façon locale et, essentiellement sur la zone génitale. Il n'y a pas de traitement spécifique qui leur est administré. Il s'agit simplement d'attendre la disparition des lésions. Comme pour la varicelle, elles peuvent laisser des séquelles esthétiques. Mais nous ne comptons aucune complication à ce jour et les patients vont bien.

Comment expliquer que le vaccin contre la variole offre une protection contre la variole du singe ? L'OMS parle d'une protection de l'ordre de 85%.

En effet, tout comme le virus humain de la variole, il fait partie des orthopoxvirus, un groupe de maladies historiquement décrit comme formant des pustules sur la peau (les pox, ndlr). Si son nom est abusif, car il s'agit d'une maladie transmise par les rongeurs, il faut noter qu'en effet, la plupart des gens de plus de 45 ans ne sont pas concernés par la variole du singe car ils ont été vaccinés contre la variole humaine dans leur enfance. Cela s'explique par la grande proximité génétique de ces deux virus. On remarque d'ailleurs que les personnes touchées aujourd'hui sont surtout des hommes entre 30 et 40 ans. On a récemment pu constater ce type d'immunité croisée entre le SARS-CoV-1 de 2003 et le SARS-CoV-2 apparu à Wuhan, [...]

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