Variole du singe : est-il conseillé de se faire vacciner ?

S'il n'existe pas de vaccin spécifique à la variole du singe, le vaccin contre la variole humaine serait efficace à 85% contre ce virus. (REUTERS)

L'Union européenne vient de conclure un contrat portant sur l'achat de plus de 100 000 doses de vaccins contre la variole du singe. Faut-il pour autant se faire vacciner ?

La variole du singe inquiète. Depuis le début du mois de mai, plus de 1600 cas de variole du singe ont été signalés dans 39 pays, dont 32 où la maladie n'est pas endémique. Une propagation "inhabituelle et préoccupante" selon l'OMS, qui a appelé les États à "contrôler la flambée", même si aucun décès n'a pour l'instant été recensé. Pour contrer cette maladie qui circule d'ordinaire en Afrique centrale et de l'Ouest, la Commission européenne a annoncé ce mardi un contrat avec le laboratoire danois Bavarian Nordic pour la fourniture de plus de 100 000 doses.

L'Organisation des nations unies a indiqué qu'une vaccination "de masse" n'est pas recommandée à ce stade, soulignant que "toute décision d'utiliser ou non des vaccins doit être prise [...] sur la base d'une évaluation des risques et des avantages, au cas par cas".

Dans son rapport du 20 mai, la Haute autorité de santé (HAS) recommande la mise en place d'une stratégie vaccinale "réactive en post-exposition" avec ce vaccin autorisé en Europe depuis 2013 pour une utilisation contre la variole chez l'adulte. S'il ne s'agit donc pas d'un vaccin spécifique à la variole du singe, une étude de l'Institut Pasteur indique que le vaccin contre la variole humaine serait efficace contre ce virus à 85%.

Seuls les cas contact sont concernés

Les différentes Agences régionales de santé (ARS) proposent donc à tous les cas contacts identifiés de se faire vacciner. Selon Santé publique France, un "cas contact à risque" est une personne ayant eu un "contact physique direct non protégé" ou bien un "contact non protégé à moins de 2 mètres pendant 3 heures" avec une personne malade. L'établissement public rappelle que le virus se transmet par "le contact de la peau ou des muqueuses (bouche, sexe, anus) avec les boutons ou les croûtes" ainsi que par gouttelettes lors de "longs face-à-face", de "contact physique rapproché", et de "partage de linge, d'ustensiles de toilette, de vaisselle, etc." De plus, les rapports sexuels, avec ou sans pénétration favorisent la transmission du virus, surtout si le nombre de partenaires est multiple.

"Il n'y a pas à ce stade d'autre indication à la vaccination que celles des personnes ayant eu un contact à risque avec une personne infectée par le monkeypox", précise la Direction générale de la santé (DGS). Les professionnels de santé en contact avec les malades sont donc également concernés par cette recommandation. En revanche, les mineurs ne doivent pas se faire vacciner, ainsi que les femmes enceintes et allaitantes en raison de l'absence de données cliniques. L'obligation de vaccination antivariolique ayant été supprimée en France en 1984, ce vaccin n'est donc plus obligatoire.

VIDÉO - La rougeole revient en force, l'OMS rappelle l'importance de la vaccination

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles