Variant indien: la Croix-Rouge fait valoir son droit de retrait en zone d'attente à Roissy

Robin Verner
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Photo d'illustration - Pascal Guyot
Photo d'illustration - Pascal Guyot

Des dossiers de voyageurs irréguliers en nombre attendant d'être traités, des dizaines de ressortissants indiens concernés dont beaucoup refusent le test PCR, le tout sur fond de menace du variant venu justement du sous-continent. Les raisons abondent pour expliquer le droit de retrait exercé depuis vendredi par le personnel de la Croix-Rouge officiant dans la Zone d'attente pour personnes en instance (ZAPI) de l'aéroport de Roissy, annoncé par Le Parisien dans son édition de dimanche.

Le droit de retrait est cette possibilité garantie à tout salarié de cesser son activité ou de ne pas prendre son poste si sa "situation de travail présente un danger grave et imminent pour sa vie ou sa santé", selon la définition qu'en donnent les autorités.

Une promiscuité qui inquiète

C'est donc dans la ZAPI que sont conduits les passagers ne pouvant justifier de la régularité de leur voyage à leur arrivée à l'aéroport. Ils peuvent y rester jusqu'à 20 jours. En attendant, si le ministère de l'Intérieur veut prolonger ce séjour, il doit saisir le juge des libertés et de la décision. Celui-ci a à charge de trancher dans les huit jours. Les résidents de la ZAPI peuvent être libérés ou expulsés vers le pays où ils ont embarqué.

Or, vendredi, on comptait, comme le rapporte le journal francilien, 120 personnes calfeutrés dans la ZAPI dont plusieurs dizaines de ressortissants indiens. Ils sont encore une centaine ce lundi selon nos informations recueillies auprès de la police aux frontières, après qu'une audience, vendredi, a passé en revue 52 dossiers. Certes, la jauge n'atteint pas le maximum des capacités de la ZAPI, qui plafonnent à 150 personnes, mais cette promiscuité inquiète au plus haut point les membres de la Croix-Rouge sur place.

La police aux frontières exclut d'exercer son droit de retrait

D'autant qu'un variant particulièrement contagieux circule dans la péninsule indienne. Et que les personnels au contact de ces voyageurs sont plongés dans le flou, dans la mesure où de nombreux ressortissants indiens refusent un test PCR auquel rien ne peut les contraindre. C'est d'ailleurs davantage la perspective d'un résultat négatif - possible prélude à un réembarquement - que positif qui les angoisse.

D'après Le Parisien, ces ressortissants indiens sont la plupart du temps des adultes, isolés ou parfois en couple, voire accompagnés d'enfants. Ils proviennent du Pendjab, une région septentrionale de l'Inde où les sikhs sont majoritaires, et sont en transit à Paris, dans l'espoir de rallier les Etats-Unis.

Ledit transit dans la ZAPI n'est pas le seul élément permettant de redouter un renforcement éventuel de la circulation de cette déclinaison du Covid-19. Sur les 52 dossiers visés vendredi par la justice, 18 ont obtenu de quitter la zone d'attente sans qu'on sache bien où les personnes relâchées ont pu ensuite se diriger sur le territoire. Quant à ceux qui restent à demeure dans la ZAPI, ils n'ont plus désormais affaire, depuis le retrait de la Croix-Rouge, qu'à la police aux frontières qui paraît bien isolée.

Contactée par BFMTV.com, la police aux frontières de Roissy exclut quant à elle d'exercer son droit de retrait à ce stade mais elle déplore que dans les conditions de "surpopulation" actuelle, les gestes-barrière soient "très difficiles à mettre en place" dans la ZAPI.

Article original publié sur BFMTV.com