Avec le variant Delta, Macron peut-il parler d'autre chose que du Covid-19 durant son allocution?

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Emmanuel Macron, lors d'une allocution télévisée depuis l'Elysée, le 31 mars 2021 - Ludovic MARIN © 2019 AFP
Emmanuel Macron, lors d'une allocution télévisée depuis l'Elysée, le 31 mars 2021 - Ludovic MARIN © 2019 AFP

Lorsque la semaine passée la rumeur d'une prise de parole d'Emmanuel Macron a commencé à poindre, plusieurs proches l'assuraient, l'allocution devait servir d'horizon pour les Français, avec un calendrier des réformes importantes à venir. Or, en l'espace de quelques jours, la dégradation de la situation sanitaire a rebattu les cartes: ce lundi, Emmanuel Macron devrait se concentrer sur le volet épidémique, avec de nouvelles mesures pour freiner le variant Delta, même si une ou deux mesures fortes hors Covid sont possibles.

"Les gens peuvent-ils entendre un message à long terme quand ils ignorent s’ils pourront partir à l’étranger la semaine prochaine", s’interroge un cadre de la majorité auprès de L'Opinion.

"Impossible de cumuler des mauvaises nouvelles"

Alors que la dernière année de mandat a été entamée, la situation met l'exécutif dans l'embarras d'autant qu'en coulisses, plusieurs courants de la macronie appellent à agir. À l'aile gauche, on souhaite à une grande réforme sociale tandis que côté MoDem, une réforme institutionnelle était demandée. Plus à droite, une réforme budgétaire était souhaitée, et c'est finalement cette dernière hypothèse qui était retenue, avec la si décriée réforme des retraites, qui devait être évoquée lors de la prise de parole présidentielle.

Mais au grand dam de proches collaborateurs d'Emmanuel Macron, la situation actuelle risque de contraindre le chef de l'État à un certain immobilisme, à quelques mois de l'élection présidentielle de 2022.

"Macron va avoir du mal à l’annoncer (la réforme des retraites, NDLR)", estime Matthieu Croissandeau, éditorialiste politique de BFMTV. "D'abord parce que personne n’en veut ni les partenaires sociaux ni chez les politiques, mais surtout parce que c’est impossible de cumuler des mauvaises nouvelles. On ne peut pas exiger des Français de nouveaux efforts sanitaires et de nouveaux efforts budgétaires."

"Le défi, c'est montrer qu'on répare"

Dans ces conditions, que reste-t-il au président de la République pour tracer un chemin vers la prochaine élection présidentielle de 2022?

"Le président va construire un discours sur 'dix mois et dix ans', sur la fin du quinquennat la projection qu’on attend du chef de l’État. Le défi, c’est de montrer qu’on répare et qu’on se prépare à bâtir", assure malgré tout un cadre de la majorité auprès de Libération.

Sur les retraites, "il n’y aura pas d’annonce ce lundi, pas de calendrier", assure un pilier du groupe LaREM à Libération. "Mais il va en parler sinon les journalistes vont hurler."

Quelles alternatives?

En réalité, les alternatives ne sont pas nombreuses pour Emmanuel Macron, qui aurait souhaité projeter "positivement" les Français sur sa fin de mandat avant de rapidement entrer dans la période de campagne électorale, souligne Le Parisien. Au lieu de ça, il devrait se prononcer sur la vaccination obligatoire des soignants ou encore l'extension du pass sanitaire.

"Bien sûr qu’il ne fait pas cela pour emmerder les Français. Mais là, il est au pied du mur, il n’y a pas de place pour les états d’âme", souligne un parlementaire auprès du quotidien francilien.

Alors, afin de transformer ces mauvaises nouvelles, le président de la République pourrait vouloir inverser la tendance en assurant un avenir optimiste. Par exemple avec le pass sanitaire: si son utilisation pourrait être élargie dès ce lundi soir, l'exécutif pourrait le présenter comme une chance de revenir au "monde d'avant."

"Il est surtout pragmatique. Grâce au pass sanitaire, on a l’outil pour continuer de sortir, de s’amuser, de voir des amis dans les lieux publics, jure un de ses proches. En somme, être libre et continuer de vivre", estime un proche d'Emmanuel Macron auprès du Parisien.

Au-delà du Covid-19, le chef de l'État pourrait malgré tout adresser un message à la jeunesse, en annonçant par exemple l'élargissement de la garantie jeunes. C'est ce dispositif qui permet à un jeune de moins de 26 ans de bénéficier d'un accompagnement de 18 mois maximum avec à la clé, une allocation jusqu'à 500 euros et qui jusqu'ici n'est réservé qu'à quelques 200.000 jeunes sans emploi ni formation.

Article original publié sur BFMTV.com

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