Variant brésilien: l'opposition veut la fermeture des liaisons aériennes avec le Brésil

H.G.
·3 min de lecture
Des avions Air France sur le tarmac de l'aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle en avril 2020 (photo d'illustration) - BERTRAND GUAY © 2019 AFP
Des avions Air France sur le tarmac de l'aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle en avril 2020 (photo d'illustration) - BERTRAND GUAY © 2019 AFP

Pour limiter la propagation du variant brésilien, encore très minoritaire en France, l'opposition a réclamé mardi la fermeture des liaisons aériennes avec le Brésil, alors que les professionnels de santé tirent le signal d'alarme.

"La fermeture des frontières est utile et absolument nécessaire et je ne vois pas comment au moment où on confine les Français, on puisse maintenir cette liaison aérienne", a expliqué Damien Abad, président du groupe Les Républicains à l'Assemblée nationale. "Je demande au ministre des Transports de revoir cette position-là, de négocier les choses avec l'Europe et de pouvoir fermer cette liaison", a ajouté le député LR de l'Ain sur RFI.

"Il faut prendre des mesures de fermeture des frontières ou d'isolement strict des personnes qui viennent des pays où il y a un variant dangereux (...) Au moins, on pourrait leur dire: +vous restez 15 jours à l'hôtel+, comme ça se fait dans d'autres pays", a indiqué pour sa part Fabien Roussel, secrétaire national du PCF sur Cnews.

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Inquiétude des épidémiologistes

La situation sanitaire n'a cessé de s'aggraver au Brésil depuis février en raison de l'émergence d'un variant local du virus, appelé P1, considéré comme plus contagieux et plus mortel.

Même s'il est encore très minoritaire en France, de nombreux professionnels de la santé s'inquiètent d'une possible propagation en Europe et en France. "Au début, cela peut paraître anodin, puis il peut monter très vite", a souligné l'épidémiologiste Antoine Flahaut dans les colonnes du Parisien.

Interrogé sur le sujet, le ministre délégué aux Transports Jean-Baptiste Djebbari a expliqué lundi sur LCI que la France avait "gardé quelques lignes" avec un protocole sanitaire "renforcé".

"Nous avions avant la pandémie environ 50.000 personnes qui arrivaient par semaine à Roissy. Aujourd'hui c'est 50 par jour, ils viennent après avoir eu un test PCR négatif, ils font parfois un test antigénique à l'arrivée, ils doivent justifier d'un motif impérieux", a-t-il assuré.

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Le maintien des liaisons aériennes justifé selon Djebbari

Le ministre délégué aux Transports a reconnu que le sujet des variants "sera un vrai sujet pour les mois qui viennent", mais justifie le maintien des liaisons aériennes par le respect du droit.

"Le Conseil d'État nous a dit que les ressortissants français et les résidents en France, au nom de la liberté de circulation, devaient pouvoir continuer à venir", a-t-il précisé.

"Cela résume bien, de manière surréaliste, l'impuissance publique française. Le rôle de la politique justement, c'est de transformer le droit lorsqu'il ne répond pas à la nécessaire protection des Français", a dénoncé Guillaume Peltier, député de Loir-et-Cher sur Europe 1.

Le président de l'Assemblée nationale Richard Ferrand (LREM) a plaidé sur RTL pour une réponse au niveau européen. Le directeur de la Commission médicale des établissements de l'AP-HP, Rémi Salomon, avait appelé lundi sur TF1 à une "quarantaine obligatoire" à l'échelle européenne pour toute personne arrivant du Brésil afin de limiter la circulation du variant.

Article original publié sur BFMTV.com