VALLS Le pivot devenu girouette

Libération.fr

En annonçant voter Macron au premier tour de la présidentielle, l’ex-Premier ministre renonce à sa promesse de soutenir le vainqueur de la primaire. Après Fillon, c’est un nouveau reniement de la parole donnée dans cette campagne.

Valls sans hésitation… Après avoir signé un papier qui l’engageait à soutenir Benoît Hamon, Manuel Valls a officialisé son soutien à Emmanuel Macron. Il était l’apôtre d’une gauche qui pense le réel. Il devient l’homme d’une gauche qui prend le vent. Il voudrait être le pivot d’un grand rassemblement progressiste. Le voilà changé en girouette.

Il y a décidément une victime dans cette campagne : le respect de la parole donnée. Fillon avait annoncé à son de trompe qu’il renoncerait s’il était mis en examen. Arguant d’un complot pour le moins nébuleux, il a retourné en quelques jours sa veste Arnys. Sûrs que cette calamiteuse campagne menait au désastre, une escouade de centristes et d’élus LR avaient solennellement abandonné le navire Fillon en perdition. Trois jours plus tard, voyant qu’il était toujours à flot, ils sont remontés à bord sans vergogne, adorant soudain ce qu’ils avaient brûlé dans un éphémère accès de vertu politique. Valls avait promis qu’il se soumettrait à la discipline élémentaire de la primaire (sans laquelle elle n’a aucun sens). Il fait exactement le contraire. Un cas d’école. Ou un Manuel du reniement.

On dira qu’il n’est pas le seul. Le Drian, Poignant, Pompili et quelques autres l’ont précédé. Mais ils n’avaient signé aucun papier. On pense au précédent de 1974, quand Chirac et quarante-deux autres avaient lâché en pleine bataille Chaban le gaulliste pour Giscard le centriste. Revirement spectaculaire, payé d’une nomination à Matignon pour le Iago pompidolien, qui avait ensuite poignardé Giscard et pris le contrôle du parti gaulliste. Double trahison stratégique. Mais la comparaison s’arrête là. Valls sort de Matignon et il n’y rentrera pas. Macron a même annoncé qu’il ne prendrait aucun ancien ministre (ce qui a fait (...)

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