Valls, Macron, Mélenchon, qui sont les Brutus de la politique?

Manuel Valls et Emmanuel Macron, le 7 mai 2014, au Palais de l'Elysée. REUTERS/Christian Hartmann (FRANCE - Tags: POLITICS)

Un jour c'est Macron, un autre c'est Valls. Les "hollandais", apparemment inconsolables depuis que leur champion a déclaré forfait, hésitent à désigner lequel, à leurs yeux, est Brutus. Brutus, c'est-à-dire l'image du traître, celui qui participa à l'assassinat collectif de Jules César qui le considérait comme son fils.

Or, cette chasse au traître Brutus en dit long, très long. Pourquoi ? Parce que longtemps, dans la tradition républicaine, ce Brutus-là, au contraire, fut célébré comme l'incarnation de la fidélité. La fidélité poussée jusqu'au sacrifice suprême.

Lui-même était farouchement républicain. Il était apparenté au héros républicain par excellence : Caton d'Utique (et avait combattu dans le camp de Pompée à la bataille de Pharsale). Et, s'il se joint au complot des sénateurs contre César, c'est qu'il est convaincu que le dictateur se prépare à restaurer la monarchie à son profit. Lorsque le camp républicain sera battu par les partisans du césarisme, il se donnera d'ailleurs la mort, comme Caton.

Or, cette fidélité jusqu'au bout à des principes, à des valeurs, à des convictions, est considérée aujourd'hui, entre autres par les tenants du "hollandisme", comme le summum de la trahison, parce que seul compte pour eux la fidélité à un homme, la fidélité à un chef.

A sa façon De Gaulle, en juin 1940, plaçant la patrie au-dessus de ses allégeances, fut un Brutus. Et on l'accusa effectivement d'être un traître.

Quand Pierre Mendès-France qui, en 1956, avait porté sur ses épaules la victoire du "Front républicain" sur un programme de paix en Algérie, rompit avec le chef du gouvernement socialiste, Guy Mollet, qui avait accentué la guerre, il était un peu Brutus. Mais qui était le traître ?

Quand on se fait élire sur une ligne politique à laquelle on tourne le dos, sans jamais reconnaître, expliquer et assumer ce tournant, les éventuels Brutus sont-ils des traîtres ?

N'est-ce pas le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, qui a rendu hommage à François...

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