Valls décrète la fin du PS, veut rejoindre la majorité de Macron

L'ex-Premier ministre socialiste Manuel Valls a décrété mardi soir la fin du PS né il y a 46 ans et invité ses partisans à participer à la future majorité d'Emmanuel Macron, favori des sondages pour l'élection présidentielle. /Photo d'archives/REUTERS/Philippe Wojazer

PARIS (Reuters) - L'ex-Premier ministre socialiste Manuel Valls a décrété mardi soir la fin du PS né il y a 46 ans et invité ses partisans à participer à la future majorité d'Emmanuel Macron, favori des sondages pour l'élection présidentielle.

L'ancien candidat à la primaire de la gauche, qui avait réuni ses partisans à la Maison de la Chimie, à Paris, a estimé que "l'urgence (n'était) pas le PS, encore moins son unité", face au "danger du Front national" qui "n'est pas écarté".

Emmanuel Macron est arrivé dimanche en tête du premier tour de la présidentielle, qui a vu l'élimination des candidats de la droite et du PS, François Fillon et Benoît Hamon.

L'ex-ministre de l'Economie de François Hollande affrontera le 7 mai, au second tour, la candidate du FN, Marine Le Pen. Les sondages lui prédisent aujourd'hui une très large victoire.

"Tous nos repères viennent de voler en éclats", a déclaré Manuel Valls, selon des éléments de son discours obtenus par Reuters. "Les Français viennent de rejeter les vieilles étiquettes (...) La gauche partisane telle que nous l'avons connue n'existe plus. C'est la fin d'un cycle, celui d'Epinay (création du PS en 1971-NDLR). C'est la fin d'une histoire. Une page se tourne ; il faudra en réécrire une autre."

Il a en revanche estimé que l'échec des partis de gouvernement traditionnels à régler les problèmes des Français avait créé ces dernières décennies "une immense bombe à retardement qui explose dans les urnes".

Le danger du FN "est là, présent au second tour. Il pèse très lourdement. Marine Le Pen peut l'emporter. Et si elle ne l'emporte pas, elle dépassera de toutes les façons les 10 millions de voix", a-t-il averti. Il y a une lame de fond bien plus puissante qu'on ne l'imagine."

LE PAYS AVANT LE PARTI

"Nous sommes dans un moment de rupture. Il faut donc de la gravité, oublier toute forme d'arrogance et rester mobilisés jusqu'au 7 mai", a ajouté Manuel Valls. Un avertissement adressé aux siens tout autant qu'à Emmanuel Macron.

Il a estimé que ce danger justifiait son appel à voter pour le candidat d'En Marche ! dès avant le premier tour, au mépris de l'engagement pris par les candidats à la primaire de la gauche, en vertu duquel il aurait dû soutenir Benoît Hamon.

"Je l'assume, j'ai choisi mon pays avant mon parti. Et les faits me donnent raison", a-t-il expliqué.

Pour l'ex-Premier ministre, il faut maintenant "permettre la réussite du quinquennat d'Emmanuel Macron" en écartant les "petites tactiques de bas étage qui voudraient qu'un Macron mal élu soit un ballon d'oxygène pour la gauche."

"Je veux parier sur la réussite d'Emmanuel Macron, pas sur son échec", a-t-il lancé. "Emmanuel Macron n'est pas un adversaire politique (...) Il a désormais la responsabilité de rassembler largement et de bâtir une majorité présidentielle, progressiste, forte et cohérente."

"Nous devons participer à cette majorité présidentielle et (...) à la majorité gouvernementale, à la majorité parlementaire qu'il faudra construire", a-t-il ajouté. "Oui il faudra soutenir un gouvernement qui, d'une manière ou d'une autre, sera un gouvernement d'union nationale d'entente républicaine avec des hommes et des femmes venant de gauche et de droite."

Il a averti ses partisans que cela aurait pour eux des conséquences et qu'ils devraient notamment revoir leurs alliances dans leurs territoires.

"On n'est pas là pour se dire, 'on quitte le PS, on va à En Marche ou pas'. Ce que nous souhaitons, et ce que souhaite Manuel Valls, c'est que la gauche de gouvernement soit présente dans le gouvernement d'Emmanuel Macron si il est élu", a dit Didier Guillaume, président du groupe socialiste au Sénat, à des journalistes.

Emmanuel Macron a pour sa part fixé des règles strictes pour l'octroi de l'investiture d'En Marche ! à d'éventuels candidats venus du PS ou des Républicains pour les législatives : l'adhésion à son projet et le renoncement à leur ancien parti pour adopter l'étiquette En Marche !.

(Emmanuel Jarry, avec Emile Picy, édité par Sophie Louet)

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