"Validé" saison 2 ne fait pas l'impasse sur cette réalité du marché du rap

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SÉRIES - L’incontournable des séries sur le milieu du rap fait son grand retour. Ce lundi 11 octobre à 21h10, Canal+ démarre la diffusion de la saison 2 de “Validé” saison 2. Dans cette nouvelle édition, William et Brahim lancent le label “Apash Music”, en hommage à Clément, leur ami assassiné un an plus tôt. Pour leur première signature, les deux amis décident de tout miser sur Sara, alias “L’Alpha”, une jeune rappeuse au passé complexe.

Très tôt dans la série, on va lui suggérer, voir l’obliger à chanter pour vendre des disques. Une réalité du marché du rap aujourd’hui? C’est une question que Le HuffPost a eu l’occasion de poser à Franck Gastambide (réalisateur co-scénariste de la série), et aux acteurs Laetitia Kerfa (Sara) et Saïdou Camara (William), comme vous pouvez voir dans la vidéo en tête d’article.

Pour remplacer Hatik à la tête d’affiche de la série, Franck Gastambide et ses équipes ont choisi Laetitia Kerfa. Un choix fort puisqu’on parle ici de mettre une femme au premier plan d’une série sur le rap, milieu où les hommes sont encore nettement majoritaires.

Hatik venu rendre visite à Leatitia Kerfa et au casting de la saison 2 de
Hatik venu rendre visite à Leatitia Kerfa et au casting de la saison 2 de

Le style musical de l’Alpha, porté sur les textes et le rap avant tout, rappelle les ambitions de Diam’s, légende la musique française. Artiste qui a d’ailleurs été une source d’inspiration évidente pour le réalisateur.

“C’est difficile de faire une série sur le rap, et de faire une nouvelle saison axée sur une femme sans évoquer Diam’s. Elle est toujours à l’heure actuelle la patronne, même si elle a quitté le navire depuis longtemps.” raconte Franck Gastambide au HuffPost, avant d’ajouter: “On a souvent pensé à elle quand on écrivait, on a même parfois réécrit des phases sur le tournage en référence à elle. Il y a forcément le fantôme de Diam’s quelque part quand on fait une série sur le rap avec une femme en premier rôle.”

Aujourd’hui, le chant prend une place de plus en plus importante dans cette immense industrie, une réalité d’autant plus vraie chez les figures féminines. Shay, ou encore Chilla, rappeuses confirmées du milieu, sont aussi bien connues pour leurs couplets frappants, que pour leurs refrains chantés.

Le clip le plus vu de Shay est une musique “club” nommée “PMW” (64 millions de vues sur YouTube) et celui de Chilla “Si j’étais un homme” (28 millions de vues) ressemble nettement plus à un morceau de variété française qu’à du rap.

Cette réalité du marché, Franck Gastambide n’a pas cherché à la cacher dans “Validé”. “On sait que pour les filles, parfois, ça marche beaucoup mieux quand on chante. C’est la réalité du marché”, raconte-t-il, avant d’ajouter: “Quand mon personnage dit ça à l’Alpha, c’est parce qu’il est beatmaker. Il pense à sa SACEM, à gagner de l’argent. Et il se dit que cette meuf, qui est talentueuse et belle, si elle faisait un peu plus de variété et de chant, il gagnerait certainement plus d’argent que si elle voulait kicker comme un mec.”

Une évolution évidente

Devenu courant musical le plus populaire en France, le milieu du rap a énormément évolué faisant de plus en plus de place au chant chez les femmes mais aussi chez les hommes. “Les attentes commerciales ont changé. Les gens ont besoin d’argent, alors la plupart du temps, ils vont vers ce qui se vend le mieux. On n’a pas forcément que des morceaux qualitatifs, mais tous plus mélodieux les uns que les autres. Tout le monde se met à chanter parce que c’est ce qui se vend en ce moment, je pense”, avance Saïdou Camara.

Mais cette évolution n’est pas seulement commerciale. Le rap s’ouvre naturellement à de nouveaux styles. “Le rap a une évolution incroyable. Je pense même que dans l’histoire de la musique, le rap a l’évolution la plus étonnante”, décrit Franck Gastambide. “On assiste en ce moment a une évolution du rap, qu’on aime ou qu’on n’aime pas, mais en tout cas l’évolution est là. Et dans cette évolution, ça passe aussi par un peu de chant, et pas forcément que du rap kicker.”

Même si dans l'écriture, c'est moins rappé, ça ne veut pas dire que ce n'est pas du rap.Laetitia Kerfa, "L'Alpha" dans "Validé" saison 2.

Le rap s’éloigne de plus en plus de ce qu’il était au départ, mais les influences sont toujours présentes. “Même si dans l’écriture, c’est moins rappé, ou en tout cas moins débité, ça ne veut pas dire que ce n’est pas du rap. C’est juste une évolution du rap. On est toujours là à dire ‘le rap c’était mieux avant’, mais quoi qu’il en coûte, le rap ça évolue”, conclut Laetitia Kerfa qui interprète “L’Alpha”, héroïne de cette saison 2 de “Validé”.

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Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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