Valeurs Actuelles condamné en appel pour injure raciste contre Danièle Obono

Danièle Obono devant le palais de Justice de Paris pendant le procès en première instance contre Valeurs Actuelles le 23 juin 2021 - BERTRAND GUAY / AFP
Danièle Obono devant le palais de Justice de Paris pendant le procès en première instance contre Valeurs Actuelles le 23 juin 2021 - BERTRAND GUAY / AFP

Le directeur de Valeurs actuelles (VA), Erik Monjalous, et un journaliste de l'hebdomadaire, Laurent Jullien, ont été condamnés jeudi en appel à Paris à une amende de 1000 euros avec sursis pour injure publique à caractère raciste envers la députée LFI Danièle Obono.

Ils sont également condamnés par la cour d'appel à verser 5000 euros de dommages et intérêts à Danièle Obono ainsi qu'un euro symbolique pour les associations s'étant constituées parties civiles auprès de la députée.

Des peines inférieures à celles de la première instance

"En condamnant la rédaction de Valeurs Actuelles pour son infâme article 'Obono l'Africaine' qui avait choqué la France entière l'année dernière, la cour d'appel de Paris met un coup d'arrêt à la diffusion des discours racistes et xénophobes tenus par la droite extrême et l'extrême droite", a réagi Danièle Obono dans un communiqué.

"Cette nouvelle décision (...) est une validation et un encouragement à continuer le combat contre le racisme sous toutes ses formes et expressions", a-t-elle ajouté.

Ces peines sont néanmoins inférieures à celles prononcées en première instance: en octobre 2021, Erik Monjalous et Laurent Jullien avaient été condamnés à une amende de 1500 euros chacun et à verser 5000 euros de dommages et intérêts à Danièle Obono, de même que le directeur de la rédaction de Valeurs Actuelles, Geoffroy Lejeune.

Jeudi, Geoffroy Lejeune a été relaxé de toutes les poursuites à son encontre.

En août 2020, le magazine avait publié un récit de sept pages intitulé "Obono l'Africaine", où il racontait comment l'élue de Paris née au Gabon, dépeinte en esclave, expérimentait "la responsabilité des Africains dans les horreurs de l'esclavage" au XVIIIe siècle. L'article, accompagné de dessins représentant la députée collier en fer au cou, avait été condamné unanimement par toute la classe politique, le président Emmanuel Macron en tête.

"Je ressens toujours l'injustice qui m'a été faite et l'humiliation"

À la barre de la cour d'appel, l'élue était venue dire qu'elle ressentait "toujours un certain inconfort" depuis cette affaire. "Les références des images, les justifications qui sont faites autour, je ressens toujours l'injustice qui m'a été faite et l'humiliation que cela a été", avait-t-elle déclaré.

L'auteur de l'article, Laurent Jullien, avait quant à lui expliqué que "le principe de cet épisode était de démontrer ce qu'était cet esclavage dans la réalité".

Partie civile aux côtés de la députée LFI, la Ligue des Droits de l'Homme (LDH) s'est "réjouie" de la nouvelle décision de justice, en écrivant: "la prétendue fiction ne permet pas de représenter une députée de la République, parce que noire, comme esclave, dans une situation indigne".

Dans son réquisitoire, l'avocat général Michel Lernoux avait rappelé que "c'est essentiellement en raison de son origine" que Danièle Obono avait été choisie. Il avait requis 10.000 euros d'amende contre Laurent Jullien, Geoffroy Lejeune et Erik Monjalous.

Article original publié sur BFMTV.com