Val-de-Marne : abandonné après une chute, l’ouvrier sans-papiers devient tétraplégique

Denis Courtine
Vitry, rue de Seine. Un ouvrier est devenu tétraplégique à la suite d’une chute depuis un chariot élévateur sur un chantier

Les dirigeants qui employaient illégalement ce sans-papiers auraient ensuite essayé d’acheter son silence. Placés en garde à vue à Vitry, ils vont comparaître au tribunal.


Malgré ses cheveux en flammes, brûlés par son chalumeau, son corps qui ne répondait plus et la souffrance insupportable, Zhang était conscient. Et il a très bien entendu les ordres aboyés par le chef de chantier à Vitry. Les consignes étaient claires : il fallait récupérer immédiatement les affaires de Zhang et déplacer son corps de façon à ce que les autorités ne puissent le relier à la société. Les secours n’ont pu intervenir que lorsqu’un témoin a donné l’alerte.

Un laps de temps qui, d’après l’enquête, a aggravé l’état de santé de l’ouvrier. Aujourd’hui, ce Chinois de 39 ans est tétraplégique. Mais cette mise en scène sordide, qui a eu lieu 18 juillet 2016, ne restera pas impunie.

Au terme des investigations menées par la brigade des Délégations et Enquêtes de proximité du commissariat de Vitry, trois gérants de fait et de paille de Metal Essor, une société du Blanc-Mesnil (Seine-Saint-Denis) ainsi qu’un autre ouvrier viennent d’être interpellés. Placés sous contrôle judiciaire après leur garde à vue, ils comparaîtront en juin au tribunal de Créteil pour travail dissimulé d’un sans-papiers, blessures involontaires et omission de porter secours.

Deux de ses patrons tentent de le soudoyer à l’hôpital

Cela faisait neuf mois que Zhang travaillait au noir 10 heures par jour payées 60 € pour Metal Essor. Le jour du drame, il doit découper au chalumeau une poutrelle métallique alors que son collègue l’a hissé à plusieurs mètres de hauteur grâce à un chariot élévateur. Après la chute accidentelle, il se retrouve à l’hôpital de Garches (Hauts-de-Seine). Six mois d’ITT (interruption totale de travail) lui seront prescrits dans un premier temps avant que le diagnostic de paralysie des quatre membres ne soit posé.

C’est là et dans d’autres établissements de santé que lui rendent visite deux de ses patrons. (...)

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