Val d'Oise: une note interdit aux policiers de Sarcelles de se lancer dans des courses-poursuites

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Contrôle de police à Blois le 17 mars 2021 après une nuit de violences urbaines (PHOTO D'ILLUSTRATION) - GUILLAUME SOUVANT © 2019 AFP
Contrôle de police à Blois le 17 mars 2021 après une nuit de violences urbaines (PHOTO D'ILLUSTRATION) - GUILLAUME SOUVANT © 2019 AFP

La note a provoqué un tollé dans les rangs de la police nationale. À Sarcelles, dans le Val d'Oise, la commissaire de la circonscription a demandé à ses fonctionnaires de ne plus entamer de course poursuite avec des automobilistes ou des motards qui refusent d'obtempérer au moment d'un contrôle, révélait Le Parisien jeudi.

"La circonscription de Sarcelles a trop souvent été confrontée à des phénomènes de refus d’obtempérer, ayant engendré des accidents graves", plaide dans cette note la cheffe de police, Fabienne Azalbert.

"Si le conducteur du véhicule n'obtempère pas immédiatement aux injonctions visuelles ou sonores, il n'y aura aucune prise en charge tolérée", peut-on ainsi lire. Les agents doivent se contenter de rédiger un procès-verbal pour refus d'obtempérer en indiquant les informations sur le véhicule. Les propriétaires de l'engin seront, en théorie, convoqués dans un second temps.

Seule exception prévue: les délits de fuite commis par "l'auteur d'un crime de sang flagrant".

"Cela va devenir la fête"

"C'est complètement frustrant. C'est comme si vous demandiez à un boulanger de ne plus faire de baguettes. Les policiers sont sur la voie publique pour interpeller les délinquants et on leur demande de ne rien faire", s'insurge sur notre antenne Franck Lebas, de l'unité SGP Police 95.

"Cela va devenir la fête dans les quartiers difficiles. Ça va même devenir un sport: certains vont aller narguer les forces de l'ordre", craint-il.

Cette décision de la commissaire de Sarcelles intervient après un accident grave dimanche soir où un conducteur d’un scooter s’est grièvement blessé dans des circonstances encore à préciser.

La lutte contre les rodéos urbains

"C'est scandaleux! Si la police n'intervient pas, qui le fera?", s'insurge de son côté Bernard Dhailly, président de l'association de riverains AFCEL 95.

Ce retraité s'inquiète notamment des conséquences de cette consigne sur la lutte contre les rodéos urbains, fréquents dans la commune. "C'est très dangereux pour les piétons. Nous avons des enfants qui jouent! Il m'est arrivé de voir des personnes obligées de s'écarter pour laisser passer les motos", insiste-t-il. "Cette consigne est incompréhensible."

De son côté, la direction de police du Val d'Oise explique privilégier "des enquêtes au long cours" à des courses-poursuites pour pouvoir "identifier les auteurs mais aussi les lieux de stockage des véhicules, plutôt que de mettre inutilement en danger la vie de la population, des policiers et des délinquants."

Article original publié sur BFMTV.com

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